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LE VISIBLE ET L'INVISIBLE. FRANCE ELLE.
16 mai 2023

ISEE ET LES DEUX VISAGES. Partie 1. Un certain Kennedy...

MURDERRRRRRRRR

 

Louise : celle qui a assisté à l'assassinat de Kennedy. Un troisième portrait de femme américaine pour Isée.

Ils suivirent avec passion l’ascension politique, les heurts et les malheurs du jeune président sur lequel on en racontait tant et tant ; Si les journaux se taisaient, il n’était pas difficile d’en apprendre beaucoup sur les amours légales et illégales du beau « Jack ». Marilyn Monroe était une valeur sûre mais il y avait tant d’autres. Tant de noms étaient chuchotées…Le président, à ce que ses détracteurs prétendaient, était incapable de rester trois jours sans faire l’amour, sans quoi il avait la migraine. Quelle bête était-ce là ? Selon Tucker, ses opposants n’avaient accepté que Nixon, malade et mal rasé, apparaisse comme un tocard à la télévision américaine, alors que le fringant John Fitzgerald faisait exploser l’applaudimètre. Et il y avait ce discours d’investiture, prononcé le 20 janvier 1961, date à laquelle il devenait le 35° président des États-Unis. « Vous qui, comme moi, êtes Américains, ne vous demandez pas ce que votre pays peut faire pour vous, mais demandez-vous ce que vous pouvez faire pour votre pays. Vous qui, comme moi, êtes citoyens du monde, ne vous demandez pas ce que les États-Unis peuvent faire pour le monde, mais demandez-vous ce que vous pouvez faire pour le monde. »Il n’avait battu Nixon que de 12000 voix, mais il l’avait battu et le Prince de ce monde, c’était lui…

A partir de là, le juge retraité et son épouse suivirent pas à pas les faits et gestes du jeune président. De ses démêlés avec le bloc communiste à la baie des cochons, de son intervention fameuse à Berlin à l’édification du Mur (il ne fut pas étranger à son édification), ils l’accompagnèrent. Ils furent avec lui quand il engagea pour l’Amérique et le monde libre la course à l’espace et se sentirent heureux. Ils le furent moins quand il rencontra le pasteur Martin Luther King et les autres dirigeants du mouvement des droits civiques après une manifestation qui, le 28 août 1963, avait rassemblé devant le mémorial du président Lincoln, deux cent cinquante mille personnes car les ségrégationnistes restaient nombreux et virulents. Pour la première fois depuis les débuts de cette jeune présidence, ils eurent des craintes. Louise avait grandi en Louisiane et Reginald bien que n’ayant pour sa part jamais quitté le Texas avait de la famille dans le Mississippi. Kennedy était partisan de l’émancipation des Noirs. Le 30 septembre 1962, un étudiant noir, James H Meredith s’était inscrit pour la première fois à l’université d’État du Mississippi ; des manifestants s’étaient opposés à la déségrégation et le ministre de la Justice, Robert Kennedy — frère du président — dut utiliser 23 000 agents fédéraux pour contrer les manifestants. Les échauffourées firent deux morts parmi les manifestants et 160 blessés parmi les forces de l’ordre.

C’en était fait, il y avait un complot contre lui. Louise et son époux en étaient sûrs…Aussi son assassinat aussi violent qu’il fût ne les laissa pas dupes. Lee Harvey Oswald ne pouvait avoir agi seul. Il s’agissait d’un complot dont nul ne connaîtrait ni les tenants ni les aboutissants. Une ombre menaçait le président. Quand, le 24 novembre 1963, celui-ci fut sauvagement tué, ils n’en furent pas pour leurs frais. Eux, au moins, l’avaient prédit…Ils étaient tous les deux devant leur poste de télévision, trop âgés et fatigués pour affronter une journée aussi brûlante. L’événement les tua autant qu’ils avaient tué le président. L’ex-juge mourut trois mois après d’une congestion cérébrale. Louise, elle, atteignit l’âge de soixante-dix ans. Elle fut peu consciente des changements de ce monde. En 1970 La guerre durait toujours au Vietnam mais les troupes américaines commençaient à partir. Les Beatles avaient beaucoup de succès. Luther King était mort et tant d’autre et pour elle le visage de jeune président de quarante-six ans continuait de se fracasser. Elle était malade maintenant et chaque jour l’agonie était différente. Dans la mort, le visage de John Fitzgerald partait en morceaux alors que dans la réalité, c’était son corps qui était atteint. Ils se rejoignaient en fait et elle ne songeait à aucun mal. Les Noirs, les pauvres…La lune, les Russes, la paix…Kennedy…

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