ELton et G 3

Après de nombreux excès, George Michael écoute les conseils donnés. Il vit calmement avec son nouveau compagnon. Mais Elton John s'inquiète d'une retraite faussement idyllique qui ne coupe pas le chanteur de ses addictions. Il vient le voir.

A Goring of Thames, la vie était simple. Il pouvait y couler des jours heureux. Il y faisait venir Fadi et ils passaient des heures au lit. L'amant libanais avait un corps ferme et bien sculpté qui appelait les caresses. Être avec lui n'était pas apaisant, c'était une expérience un peu rauque, très charnelle, euphorisante...Il avait certes été un peu difficile au début de le voir déambuler dans ces mêmes pièces où Kenny avait aimé se tenir mais il s'y était fait, sauf pour la chambre qu'occupait l'Américain quand il avait besoin d'être tranquille. Il avait demandé à Fadi de ne pas y aller mais il l'y avait retrouvé, furetant. Le Libanais s'était mis à rire jouant des Quoi ? Et des Pas mort d'homme quand même ! Mais il avait compris. Il avait tout intérêt à plaire à George et à ne pas le mécontenter. Il n'avait plus fait mine de s'approcher de la chambre sacrée et n'en avait même plus parlé...Contrairement à l'Américain, Fadi avait du bon concernant les libéralités. Si George voulait se défoncer, oui, c'était son droit ! Il voulait boire, qu'il boive ? Il voulait baiser à plusieurs ? Oui, c'était bien. Il fallait juste qu'il continuât à être à peu près comme ça...Il jouait les pères tranquilles chez lui, qui allait lui reprocher d'être au calme ? Mais malgré tout, George avait des coups de fil et des visites et il se faisait semoncer plus ou moins vertement certes mais quelquefois, on sentait que ça l'avait saisi et qu'il avait peur. Celui qui avait chanté avec lui à l'époque de Wham était venu passer deux jours. Un grand monsieur très calme qui n'élevait pas la voix. Ils s'étaient mis à l'écart pour parler sérieusement mais Fadi avait bien senti que George était très hésitant ensuite. Kate Moss, le beau mannequin, venait souvent avec sa fille. L'été, la gamine piquait une tête dans la piscine ou jouait avec les labradors. Elle, elle était mondaine et gentille mais ne disait rien à George. Un peu comme sa sœur Mélanie que Fadi trouvait secrètement un peu fêlée d'être aussi accrochée à son frère. Elle-aussi, elle faisait profil bas. David Austin, le copain de jeunesse, avait l'air d'en savoir long mais il n'était pas très frontal, ce qui arrangeait bien George. Par contre, il y avait Elton John et putain, lui, ça ne rigolait pas. Une fois il était venu seul et George et lui s'étaient isolés. Clair, ça avait du être sérieux !

-Tu avais rencontré Michael Jackson, toi-aussi ?

-Oui, tu sais bien. Bizarre personnage.

ELTON ET G 1

-J'ai eu une curieuse sensation en le voyant la première fois. Je me suis inquiété pour sa santé mentale. Il était franchement perturbant. Et pourtant, ce n'était encore qu'un ado ! En le retrouvant bien plus tard dans les années 2000, je me suis demandé sous l’influence de quelles drogues il était. Il avait un comportement incohérent. Sans parler de son discours...Lors d'un déjeuner pris ensemble pour je ne sais plus quelle occasion, je me suis rendu compte que son nez était recouvert d’un plâtre collant, comme s’il avait été maquillé par un maniaque. Le pauvre était vraiment affreux, il avait l’air malade et fragile. Les choses sont devenues encore plus bizarres quand il s’est levé sans un mot, a quitté la table et est parti jouer dans le chalet de la gouvernante avec son fils de onze ans. Je ne sais pas pour quelle raison, mais il ne supportait visiblement pas la compagnie des adultes.

-Un personnage hors de ce monde...

-Oui.

-Tu me compares à lui ?

-Il s'est appliqué à ressembler à un extraterrestre, pas toi...

-Mais tout de même. Que veux-tu me dire ?

-Tu ne veux pas être ici.

-Allons bon !

-Je sais ce que c'est de se droguer. Pour moi, ça a duré des années. Et puis au début des années quatre vingt dix, j'ai décidé que c'était fini. Je me suis fait désintoxiquer et j'ai fait une thérapie.

 

-Se désintoxiquer, je...

-Oui, tu l'as déjà fait mais tu ne veux pas être ici !

-Tu n'as vas par quatre chemins, toi !

-Non. Change ton mode de vie. Choisis tes fréquentations. Décide que tu changes.Il faut vouloir s’en sortir. Tu sais pourquoi je voulais vraiment y arriver ? J’avais deux options : l’une était de mourir, l’autre, de vivre. J'ai choisi de vivre...

-Mais enfin, que de morale !