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Paris rencontre l’aube quand elles arrivent. Le grand avion se pose sur la piste sèche qu’irradie l’été. Elles en descendent et guettent, sur le tapis roulant, la venue de leurs bagages. Le chariot rempli, elles prennent un taxi. Il fait très beau. On les accueille. La capitale embaume l’été.

Elle porte une jupe fluide et un corsage noir qui dégage une épaule. Sa fille est en robe rouge. Quand elles se promènent, elles sentent sur leur peau un soleil rayonnant. Le soleil, elles le connaissent bien. Celui-ci n’est pas le même. Est-ce parce qu’il ne brillera pas aussi longtemps et aussi fort ? L’été est court ici et là-bas, il ne cesse pas. Elles sentent la différence sans s’en offusquer. Elles sont entourées et bien reçues. On les promène, on leur sait gré d’être là. Elles vont de terrasses de café en expositions, de belles églises en musées. Le soir, elles boivent qui du vin blanc qui de la limonade, en devisant. La nuit est tardive alors qu’elles n’y sont plus habituées. Elles sont heureuses de la voir envahir le ciel. A une heure pour elles inhabituelles, elles dorment. L’aube les trouve, plusieurs jours durant, endormies.

Elle, la mère et elle, la fille, attendent d’aller là où elles devront vivre et, ce faisant, coulent, à Paris, des jours sereins.

Le long de la Seine, elles marchent avec leurs amis.

Puis vient le jour du départ vers un lieu inconnu. Tout y sera nouveau, du moins, s’efforcent-elles de le croire.

Alors, elles se glissent dans le long train rapide.