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Le jeune Lucas, enfermé dans un hôpital pour enfants, pense que rien n'est inéluctable et tente de secouer l'inertie des petits malades...Quant à lui, un chien magique lui parle et l'incite à partir...

A plusieurs reprises, en retrouvant ses camarades de cours, il tenta de les aborder. Il fut frappé d'abord par le fait que plusieurs de ceux qu'il connaissait ne venaient plus. Nicolas était encore là mais il se montra railleur et grossier. Les nouveaux-venus le regardèrent avec incrédulité quand il parla et les autres se plaignirent à leurs enseignants. L'un d'eux s'en prit à lui.

-Tu leur dis qu'ils ne sont pas malades !

-Ils sont malades mais rien n'est définitif.

-Pour toi, peut-être...

-Pour eux aussi !

-Peut-être es-tu trop jeune pour comprendre...

-On n'est jamais trop jeune pour traverser la mort ! Je la traverse, moi, depuis des années...

-Tu es fou !

-Non.

-C'est un discours exalté et intolérable. Tu leur fais beaucoup de tort en leur parlant ainsi !

Lucas vit un médecin puis un autre. Ils lui tinrent le même discours. L'année scolaire allait s'achever. Aux vacances, l'enfant avait pu rejoindre les siens pour Noël et à Pâques, ils étaient venus. Il était prévu que pendant les congés d'été, il ferait moitié-moitié, Jérémie et Noémie pouvant loger dans une des ailes du centre, réservée aux visiteurs. Toutefois, son attitude présente rendait ce projet peu réalisable. L'état physique de l'enfant ne s'était ni aggravé ni amélioré mais son état psychique, lui, avait évolué. Il en était à dire à des enfants gravement malades et sans espoir de guérison, qu'ils en sortiraient. Il risquait un passage dans une unité psychiatrique et recevait de ses parents des lettres affolées.

Lucas n'arrivait pas, malgré tout cela, à se dire qu'il avait tort. Dans ce service hospitalier, il existait certes de petits malades que la mort allait happer mais d'autres pouvaient devenir aussi fous que lui et vivre.

Ne voyant plus Nicolas en cours, il décida de le voir en cachette et y réussit.

-C'est fini, mon vieux, lui dit le jeune garçon que la maladie avait décharné.

-Non, ce n'est pas fini !

Lucas parla encore et encore et une lueur de bienveillance parut dans les yeux du jeune malade.

Les messages que mentalement lui délivrait Lucky étaient désormais nombreux. Dès qu'il les aurait décryptés, il conviendrait d'agir.

Agir, c'était partir.