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Mais comme souvent, quand on tente de se tenir bien droit pour paraître solide, je vacillais. Une partie de moi se délectait de la lecture de « vrais romanciers » et de « vrais poètes » et de dédaignait pas les « vrais chanteurs », les chanteurs à thème. Mais une autre partie, certainement plus adolescente et joueuse, se gargarisait en secret de chansons à la mode, de rock stars et de personnalités qui crevaient la scène. C'était cette partie là qui allaient acheter des magazines de rock et de pop et écouter quelques albums en boucle. A l'époque, on n'écoutait rien en ligne, il fallait aller chez le disquaire. Je n'avais pas acheté les tubes de Wham ! mais pour Faith, j'avais craqué. Ah George Michael, sa barbe de trois jours (ou deux?), son brushing, ses Ray Ban, son blouson d'aviateur, son t shirt blanc, son jean moulant, ses santiags ! Non mais le rêve ! Entre Balzac et Proust, je me déhanchais puis, mal à l'aise, je revenais à mes piles de copies et à ma vie (sérieuse). Mais ça ne fonctionnait pas bien : cette dichotomie d'abord puis ma vie entière. Aimer la musique, les arrangements et la voix de la star, ça n'avait rien de mal. Kissing a fool ou One More Try, il fallait non seulement être capable de chanter ça mais aussi avoir la prestance nécessaire pour transformer de belles chansons en événements. Et il en allait de même pour Father Figure. Faith et I want Your Sex, ça percutait bien : la ballade et la chanson mordante. Alors quoi ? Qu'est-ce qui n'allait pas ? Ce n'était pas sérieux d'aimer ces chansons-là, commerciales c'était clair mais bien composées et accrocheuses...J'ai pensé que si mais en fin de compte, j'ai capitulé. Je suis devenue une de ces personnes sérieuses dont parle le Petit Prince...

 Mais la lettre était là, je l'avais sous les yeux ! Alors fini, tout ça ! J'ai relu ce que m'avait écrit ce José Martin qui devait depuis bien longtemps être garé des voitures. J'ai pris une enveloppe et une feuille de papier blanc et j'ai écrit :

«Je suis d'accord pour participer. Je veux rencontrer George Michael et si je vous écris, je lui écris à lui aussi.

Et j'ai ajouté :

«C'est une réponse très tardive, je sais bien mais les albums de George sont toujours disponibles et on a écrit sur sa vie. »

Évidemment, j'aurais pu m'arrêter là mais, ne me censurant pas, j'ai écrit à cette Pop star qui m'avait fait vibrer...