MONOCHROME 1

 
-«En termes ce calme et d’études » ! Mais vous ne dites pas les choses au hasard voyons et notre rencontre n’en est pas un. Vous le savez bien ! Alors, vous me recevrez, Jeanne. Et vous me direz tout ce que vous m’avez caché.
-Mais Christian, que pourrais-je vous cacher ? Je suis séparée depuis peu. Je vivais à Annecy…
-Et vous avez un fils qui a une bourse d’études pour les USA. Il passe un an à Boston et vous exultez. Je vous comprends : Harvard !
-Je suis fière…
-Vous êtes soulagée aussi : plus de vie commune pesante, d’adolescent turbulent, de vie provinciale.
-Enfin, oui, ma vie change…
-Pas encore !
-Oh, si, tout de même !
-Je ne parle pas de votre contentement présent ni de vos « épreuves » à venir. Vous vous tirerez bien de ce voyage, même si revenir dans la maison dont vous m’avez parlé et se livrer à de pesantes discussions pour savoir qui garde quoi et qui indemnise qui n’est pas spécialement drôle. Ce sont des lieux communs : on passe tous par là. Malgré tout ça ne permet pas d’être face à soi-même. La séparation est faite d’avec votre ex-ami. C’était là le plus dur. Vous verrez que vous êtes plus détachée de votre passé qu’il n’y parait. Du reste, c’est ici qu’il vous faut être !
-Oui, pour mon stage…
-Jeanne ?
-Oui.
-Répondez maintenant à mes questions.
-Oui

MONOCHROME 2

-Je pense que vous voulez me connaître davantage. Je vous plais assez. A vrai dire, il vous suffit d’être prête.
-Prête ?
-Oui, à m’obéir.
-J’ai envie, assez envie.
-Ne parlez pas comme une petite fille.
-Je ne sais pas parler de ces choses-là. Je n’ai pas connu grand-chose. Cela n’a rien à voir avec ce que vous avez vécu vous-même !
-Vous savez peu de choses de moi…
-Oui, mais, je sens bien…
Je viendrai ce soir et vous me parlerez de ce que vous avez vécu.
Je l’entendis répondre oui et me bornai à me dire satisfait.
Le jour passa sans rapidité ni lenteur. J’étais toujours très pris par mon travail. Je passai chez moi me plonger dans un bain tiède et me changeai puis en descendant, j’achetai du champagne et m’en fus.
Il faut respecter les règles, dans ces relations là comme dans les autres. Ce n’est pas parce qu’on s’apprête à soumettre une femme qu’il faut d’emblée la mettre en position d’infériorité et ceci pour une raison simple : cette femme est prête à servir, à s’abaisser. Ce qui va lui être demandé est contraignant et difficile. Il me semble que l’erreur est de la maltraiter d’emblée, alors que rien est scellé, sous le simple alibi qu’elle s’est fait connaître à vous par un mode qui n’est pas conventionnel. Je m’explique. Toute droite et sérieuse qu’elle était, Jeanne avait tout de même trouvé le moyen de s’inscrire sur un site libertin et d’y faire paraître une annonce qui, bien que très modérée dans ses propos, laissait tout de même bien paraître ses desseins.