autoritaire

Jeanne qui a d'abord évoqué une vie calme, évoque maintenant les multiples aventures qu'elle a eues...

Elle avait adoré qu’on la prenne, rêvant à côté de celui avec lequel elle vivait, qu’elle était encore pénétrée par cet infirmier, cet architecte, cet antiquaire ou encore cet enseignant qui tout à l’heure l’avait poussée sur un lit ; elle était une menteuse, une égoïste, une jouisseuse.

Elle avait osé !

La soumission, ce n’était pas cela.

Si elle voulait s’en approcher, il fallait qu’elle soit patiente et qu’elle accepte cette lente rétractation en elle du plaisir librement choisi et librement satisfait, de cette capacité qu’elle avait à se faire prendre et à crier car tel était son bon vouloir et de ce talent qu’elle avait de berner autrui.

Pour être clair, je lui précisai que son annonce, pour sincère qu’elle fût, montrait son incompétence.

Après cela, maintenant qu’elle était vraiment face à un Dominant, il fallait qu’elle fît des choix.

Soit elle confirmait sa volonté de servir et le travail commençait maintenant.

Soit elle se maintenait, comme le faisaient tant d’autres fausses soumises, dans l’illusion que, leurs recherches n’étant pas arrivées à bon port, elles devaient rester sur leurs réserves et cherchaient encore et encore !

Mais de toute façon, une réponse positive entraînerait un vrai engagement et une longue route semée d’embûches !

Elle se tortilla sur son banc un bon moment et je la vis toucher nerveusement ses cheveux et se tordre les mains ; elle était partagée.

Elle me dit qu’elle avait vécu ces rencontres très sexuelles et secrètes comme un bel hédonisme et qu’elle avait toujours pris soin que personne ne souffrît !

Elle n’était pas la seule, tout de même ! Tant de femmes jeunes ou moins jeunes, libres ou mariées, trouvaient un plaisir infini à se faire prendre sans que ces relations aussi sporadiques que jouissives ne parviennent à entacher leur vie quotidienne ! Les magazines féminins, pas mal de livres à la mode, des émissions de radio parlaient abondamment de ces pratiques. Allons donc, ce n’était pas un si grand mal !

Évidemment, elle était paradoxale en désirant une chose et son contraire. En fait, elle aurait voulu renouer avec cet état de légèreté qui la faisait si facilement rencontrer le plaisir physique et connaître une dépendante qu’elle qualifiait de « défatigante »…

Le terme m’amusa mais me fit réagir.

Je la grondai comme l’enfant qu’elle était en parlant ainsi ; elle se ressaisit à la troisième mise au point. Elle dit que maintenant, elle comprenait bien que cela était incompatible avec sa présente recherche.

ANNA 1

Oui, elle comprenait bien !

Elle était prête.

Je la pris donc au mot et lui ordonnai de joindre à ses vêtements mal coupés, une lingerie disgracieuse. Je tenais à avoir connaissance de ce qu’elle serait amenée à porter pendant la période qui s’annonçait et je veillerai aussi à ce que l’organisation de ses journées à venir soit très précis : pas de divertissement !

Chez elle, le soir, elle devrait lire.

Je lui donnerais de quoi faire.

Et bien sûr, il n’était pas question qu’elle s’approchât d’un homme.

M’entendant, elle se leva d’un bond et me demanda pour qui je la prenais.

J’eus un sourire narquois.

Elle n’avait, décidément, rien compris…

Elle rougit brusquement et eut les larmes aux yeux. La réponse était évidente.

La femme stricte cachait la putain.

Et cette putain là ne valait pas grand-chose !

Allons…