FOUET

Elle crut d’abord à une possession rapide mais je lui fis rapidement comprendre qu’elle avait tort. Elle devait avoir oublié, ma belle soumise, qu’au Moyen-âge, il s’agissait d’une punition sévère et de plus d’un droit seigneurial. Un simple poteau planté sur la place du village suffisait à lui faire prendre forme mais il existait des formes plus élaborées notamment une structure en lanterne pouvant contenir un homme plus ou moins debout. Le but était de montrer que le seigneur des lieux avait sur son fief droit de justice et que celle-ci passait par des pratiques impitoyables. En conséquence, je profitai de mon droit seigneurial : elle était sur mon fief. Je la pris lentement et de manière inéluctable. Mais pas comme elle voulait. A la fin, elle qui poussait de petits gémissements de refus finit par crier de plaisir comme de déplaisir. Je l’entendis jouir en même temps qu’elle pleurait et disait non. C’était une première fois. Les autres fois, Jeanne sentit davantage le pilori. Elle comprit que la durée de ce supplice était variable, allant de quelques heures à plusieurs jours et qu’il pouvait s'assortir de diverses autres peines. En termes clairs, la baise devenait secondaire. Je vérifiais bien que les orifices de Jeanne étaient dilatés et mouillés mais laissais déjà entendre les punitions. Oui, je pénétrais mais je frappais aussi et je parlais en humiliant. Je ne jouissais pas forcément. Il m’arrivait de m’arrêter en chemin et de me contenter seul. Quand je me laissais aller en elle, j’entendais ce même mélange discordant de bonheur et de malheur et si je m’écartais, je la sentais défaite. Je lui dis une fois que le pilori en France avait donné lieu à des exhibitions publiques et que la loi du vingt- huit avril 1832 y avait mis un terme. Elle frémit. Elle me parla elle-même de ces formes de punitions en Extrême-Orient. Il s’agissait d’une simple planche percée de un à trois trous où on coinçait la tête et parfois les deux mains du supplicié de manière à pouvoir le promener. Mais cette utilisation permettait également de tuer ce dernier par strangulation en maintenant la cangue horizontalement à une hauteur supérieure à celle du condamné, dont les pieds étaient parfois lestés de lourdes pierres. C’étaient de terribles propos, bien loin de nos jeux. Elle en parut bouleversée ; je continuais bien sûr de « pratiquer cette activité » avec elle mais elle les vécut difficilement, ce qui ne l’empêcha pas de jouir bruyamment. Ce faisant, Anna connut la même évolution ; si pour moi elle resta belle, l’image qu’elle eut d’elle-même fut dégradée. Elle se vit laide et en souffrit.

En termes clairs, au fil des semaines, elle se prit à redouter ces activités qu’elle avait elle-même demandé à mettre en place dans le studio et sa soumission avança beaucoup.

Vous pensez, à lire ces lignes, que nous ne cessions de coucher ensemble et que la finalité de nos rencontres, au travers de ces jeux, était toute sexuelle. Je vous répondrai que vous voyez juste pour la première partie des rencontres que nous eûmes. Pendant la seconde, en effet, je travaillais davantage l’immobilisation, le silence, les punitions inattendues et les questionnaires intempestifs. Anna devait obéir, me surprendre par ses réponses et me séduire.

N’allez pas imaginer qu'elle était oublieuse. Ces contrats de soumission, elle en connaissait l'existence avant de me connaître mais il lui faisait l'effet de délicieuses bizarreries. M'ayant rencontré, elle en avait bien signé un qui lui était tout personnel mais elle commit l'erreur de ne pas le prendre suffisamment au sérieux. Or, j'étais homme de parole, elle s'en était rendu compte. Elle comprenait maintenant que chaque article du contrat signé devait être respecté au pied de la lettre. C'était là une dure découverte !