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C’était la première fois qu’elle avait un Maître comme moi. Le mot me déplaisait, il manquait de subtilité : elle n’en démordit pas. Je fis ce que je pouvais pour Patricia car je la sentais attirée par une grande violence. A l’époque, j’étais encore marié mais il y avait du flou déjà, dans mon union. Je n’étais pas si libre qu’avec Jeanne. Voir Patricia faisait partie d’une double vie, en quelque sorte. Je la rencontrais dans des hôtels ou à l’extérieur. Elle aurait voulu que je lui organise un gang band comme l’avait « Maître Joël 21 », que je la pousse à s’exhiber sur la voie publique par exemple. Les réponses que je lui proposai lui parurent tièdes. Elle fit de son mieux puis s’en alla. Je l’attendis un soir dans un hôtel où elle ne vint pas. Je l’appelai et elle me dit qu’elle hésitait beaucoup. Elle avait en vue un autre Maître qui lui paraissait très sévère mais elle savait que moi, je ne lui ferais pas de mal. Notre relation continua encore quelque temps mais son besoin de violence devint impérieux. Je finis par lui dire que je ne pouvais rien pour elle. Je ne sais ce qu’elle devint pendant plusieurs années puis j’appris sa mort accidentelle. Elle était sur une autoroute, quelque part, près de Lille. Un gros accident avec un poids lourd. Je ne sais avec qui elle pouvait se trouver…Patricia…

Mais je reviens à Jeanne. J'alternai dressage et temps de douceur, sans qu'elle s'en plaignit. J’aimais la faire parler de lectures que je lui avais conseillées et il arrivait que nous ayons envie de parler d’un film. Elle me ravissait et vous comprendrez que nous étions loin de Patricia !

Ce fut donc, comme je l’ai dit, ainsi que se termina la deuxième période où le « studio prêté » voyait nos rendez-vous.

J’en arrivai au fait qu’il fallait passer à un autre stade et pour ce faire, avoir Anna, sous ma coupe jour et nuit. J’allai lui faire une proposition qui ne souffrirait pas de refus quand le hasard abonda dans mon sens.