DIAAAAAAAAAAAAAAAAAAANE

Avant de se passionner pour la domination et la soumission, Christian a été amoureux de Diane Devers et l'a épousée.

Ce n’était pas là la seule originalité qu’elle eût, je dirais même que c’était la moindre. Diane était une littéraire, une artiste quand toute sa famille avait l’amour des sciences. Elle n’avait pas voulu être ingénieur comme son père et son grand frère. Elle n’avait pas fait médecine comme sa mère et sa grande sœur et elle ne voulait pas être pilote de ligne comme son jeune frère. Elle avait fait du latin et du grec puis de l’italien et avait passé un bac littéraire qu’elle avait eu avec la mention très bien. Ensuite, elle avait abattu ses cartes : elle voulait faire les Beaux- Arts. Ses parents n’étaient pas tombés d’accord avec elle mais elle n’avait pas lâché. Elle avait travaillé ça et là pendant un an, faisant des petits boulots pour payer ensuite sa première année d’études. Comme personne n’avait prêté grande attention au professeur de dessin qu’elle avait eu plusieurs années durant et qui l’avait dite fort douée, elle surprit en réussissant très bien. Ses parents qui lui avaient battu froid se radoucirent et l’aidèrent matériellement.

Elle passa sa licence brillamment.

Elle partit un an à Rome pour compléter sa formation puis fit l’école du Louvre. Elle hésitait entre une carrière de peintre et un statut de critique d’art. Elle commença par l’un et poursuivit par l’autre. Son idée de galerie d’art germa ensuite et se concrétisa progressivement. Entre temps, je l’avais rencontrée, j’étais épris d’elle et je l’aidais dans ce projet. Aujourd’hui, sa galerie tourne bien. Diane est intelligente. Elle a du flair…

J’en reviens aux premiers temps. Expliquer pourquoi on se met à aimer quelqu’un est une tâche impossible, on le sait bien. Diane me plut car elle avait un physique de jeune guerrière. Grande et mince, elle était blonde et avait les cheveux courts. Les traits de son visage étaient purs et nets. Ses yeux, d’un bleu vif, surprenaient par leur expression à la fois observatrice et déterminée. Elle se fardait peu mais avec raffinement, se parfumait chez Guerlain (ce qu’elle continue de faire) et s’habillait de manière basique. Ses jodhpurs, ses petits cardigans et ses gilets s’accordaient avec ses manteaux d’hiver au grand col ou ses imperméables d’un chic tout anglais. Elle avait peu d’accessoires mais tous étaient d’un goût très sûr. Pour conclure, elle manifestait dans sa mise ce goût pour la simplicité non ostentatoire que j’ai déjà signalé. Et naturellement, elle en imposait.