V leigh

Diane n’était pas une grande bavarde. Elle était observatrice et clame. Je ne l’ai jamais vu s’exprimer sans réflexion préalable. De ce côté-là, elle était tributaire de sa famille pour qui se laisser aller à exprimer des sentiments tant joyeux que tristes était en quelque sorte un impair. Elle me plut par sa réserve et sa détermination. Je la séduisis par mon humour, mon élégance et le côté libre de ma pensée. Nous avions la même appartenance sociale, ce qui nous rapprocha. Nous aimions les Arts et l’Italie. Nous avions de l’ambition mais un certain code de l’honneur.

C’était là le terrain d’une entente et d’un mariage. Nous le comprîmes. Je l’épousai.

L’avoir fait me remplit toujours d’aise même si ce mariage est défait. Il aura duré longtemps puisque nous étant épousés à trente ans, nous nous séparâmes quand nous en avions quarante-six. Une chose est sûre : aucun des deux ne partit pour un autre. Les années passées ensemble avaient sans doute eu raison de nous : nous nous connaissions trop.

Nous n’avions pas d’enfant. Diane ne pouvait en avoir.

Quand d’autres femmes courent les médecins, elle accepta la situation. Celle-ci ne la désarçonnait pas…Elle comprit bien qu’il n’en était pas de même pour moi. Jamais je ne lui fis de scène. Jamais je ne condescendis à lui dire ces sottises qu’un homme que la frustration aveugle finit par dire à son épouse. Elle m’en sut gré. Cependant, alors qu’elle ne souffrait pas, moi, je souffris. J’aurais aimé un enfant. Un enfant d’elle. Je suis sûre que venant d’elle, il aurait été plein de grâce, de force et de beauté. Je lui aurais donné le meilleur…

Mais je m’arrête là.

Je préfère évoquer la vie joyeuse de nos premières années de mariage car elles ont été heureuses.