pieces

Alexandre a rencontré une femme avec qui il s'est livré à des jeux de soumission et de domination. Il estime son rôle terminé. Un autre poursuivra l'éducation de la femme choisie...

Christian, de toute évidence, aurait accepté bien plus cru et même l’aurait attendu comme une évidence. Il me trouvait bizarre dans mes raffinements mais ne dis rien ; je m’en tins à une prudente réserve. Il utilisait bien des rites et des objets dont je préférais ne rien savoir. Il devait être trop « rustique », trop cruel. Nuit serait mise à rude épreuve. Toutefois…
-Elle paraît excitante. Maintenant, ce sont des photos. Il faut voir…
-Oui, je sais bien. On peut avoir des doutes comme ça mais elle est telle que les photos la montre...
-Tu me la mettrais en pension, en somme…
-Si l’on peut dire.
-Ah mais, on peut le dire ! Je sais beaucoup de choses et une belle chienne comme cela ! Rien que d’y penser…
-Ce serait un mois au départ.
-Ah oui, ça me semble un minimum.
-Naturellement, elle aura  en arrivant chez toi tout ce qui est nécessaire…
-Ne t’inquiète pas ! Je connais ta probité.
-Elle est restée plusieurs mois seule avec moi. Elle sera surprise !
-Allons ! Je suis différent de toi, c’est clair mais elle a dû en apprendre. Tu sais y faire. Elle est déjà dressée, celle-là, j’ai l’œil, rois-moi. Tu lui as montré des choses ! Je vais lui en montrer d’autres ! Et moi, je ne vais pas la cloîtrer ! il passe du monde chez moi, certains jours ; Elle sera à la fête.
-Je sais cela et t’en remercie.
Nous mangeâmes de la viande rouge, des pommes de terre frites et de la salade, met banal rebaptisé ce jour -là dans ce restaurant à la mode, d’un qualificatif pompeux. Tandis que je me contentai d’un verre de bordeaux, Christian finit allégrement la bouteille. Il voulut un dessert, moi non.
Il était gai quand nous nous nous séparâmes.
Le transfert de Nuit de mon domicile au sein avait été programmé. Arrivée un vingt-six janvier, elle me quittait début avril pour un temps indéterminé.
Il fut convenu que nue, je l’envelopperai d’une cape noire pour la conduire chez son Maitre temporaire. Elle emporterait quelques effets et j’en ferais suivre d’autres, si nécessaire.
Elle quitta sans nostalgie particulière sa petite chambre blanche, le petit bureau où elle s’allongeait sur le grand fauteuil médical et mon salon si beau et tendu de blanc.
Chez Christian, il y avait toujours du monde.
Je la laissai à l’entrée de l’ascenseur. Elle semblait calme.
Tu sais, dit Christian, j’ai un soumis là-haut. Il va lui expliquer des trucs. Demain, il y aura du mode. Remarque, c’est vendredi.
Je prendrai des nouvelles, suivant nos conditions !
Ah bien sûr, je t’en prie.
Il l’emmena ; Dans sa cape noire, elle était frémissante. Elle ne se retourna pas pour ne pas me mécontenter.
Je rentrai seul et passai une soirée tranquille. J’écoutais Brahms ! Cela faisait si longtemps…Je me sentais à l'aube de temps nouveaux et le restais. Elle était partie. Tout était ouvert. J'allais attendre que le sort me soit favorable...