jeune ETUDIANT

Il a vingt ans et fait des études. Ses parents sont pour l'un commerçant et pour l'autre enseignante. Il a une grande soeur. Il ne se souvient pas d'avoir jamais manqué d'argent ni d'avoir eu, d'ailleurs, des difficultés majeures dans sa vie. Marseille est une grande ville. On peut s'y livrer à des activités licites ou non sans se faire particulièrement remarquer. C'est peut-être cela qu'il a décidé. Les sites d'édiés à la prostitution l'intriguaient, le fait d'être accessible pour de l'argent, aussi. Une soirée avec un copain l'a décidé; Rieur, Antoine lui à lancé "Ce serait incroyable qu'on s'y mette!". Il a répondu: "Si tu le fais, je le fais aussi." Donc voilà:  tout a démarré aussi simplement que ça. Un pari stupide. Sauf que ça a été rentable très vite. Depuis, il reçoit régulièrement des coups de téléphones. Je rencontre mes éventuelles clientes dans des bars et je leur demande combien elles seraient prêtes à mettre pour une passe. Au début, c’est assez intimidant.  Il a mis une annonce plus ou moins codée et son message a été tout de suite reçu. Lui, il se définit comme hétérosexuel. Plutôt bien fait, il est grand, mince, athlétique et performant. En outre, il s'intéresse au désir des femmes et, malgré sa très régulière copine de vingt ans (le même âge que lui, donc), il savait pouvoir faire du bien à des dames matures en quête de sensations. Des désagrèments? Oui, il y en a certains. "Je reçois énormément d’appels d’hommes plutôt mûrs. Mais ça, je ne fais pas. Ils disent ne pas comprendre et insistent. C'est franchement agaçant de recevoir des coups de fils et des textos tous les soirs, d'autant que je dois être prudent, effacer ce qui doit l'être et conserver ce qui va me servir. Les hommes sont souvent dans la surenchère financière, à croire qu'ils ont vraiment les moyens. Peut être que mes refus les excitent mais moi, je refuse. Il faut savoir être ferme. Mais je trouve cette situation plutôt excitante. J’ai vingt ans, je suis très sportif et je ne fais de mal à personne. Je gagne de l’argent et je suis désiré. C’est de l’argent facile."

Sa vraie clientèle est constituée de femmes, mariées ou pas, d’une cinquantaine d’années. Elles sont parfois très belles… parfois beaucoup moins. Mais pour 3 h à 150 €, Michaël estime que ce n'est pas si terrible. Il a eu peu au début qu'on repère son inexpérience, mais curieusement, elle est bien perçue. Le fait que certaines n'aient guère le temps ne le dérange pas. Récemment, une belle quinquagénnaire lui a donné cinquante euros pour lui faire une fellation dans sa voiture. Adieu la mise en scène, le verre pris avant l'amour dans une belle chambre d'hôtel et les ébats qui durent. Mais qu'est-ce que ça peut faire.

Michaël relativise. S'il vendait du cannabis, ce serait bien pire à ses yeux. Il pourrait aussi être ivre mort tous les soirs. On peut très tôt devenir alcoolique. Non, lui, il se trouve équilibré. Sa copine ne sait rien. Ils ne vivent pas ensemble. Sa famille non plus. Elle vit à Aubagne. Faire le trottoir et y être contraint, c'est terrible. C'est de l'esclavage, selon lui. Mais il y a aussi des filles et des mecs qui sont à leurs propres comptes. Et qui savent très bien ce qu’ils font. Ce ne sont pas des victimes. Ils se rangent parmi eux. Pendant deux ans environ, trois peut-être, il continuera ainsi puis il aura terminé ses études et cherchera un travail. Il se rend bien compte qu'avec une formation en économie et un bon bagage en informatique, il trouvera un emploi mais s'interroge. Ce sera travailler beaucoup et gagner un peu. Il sait combien l'argent peut améliorer la vie...Mais il n'y a rien à faire. Il ne pourra pas toujours lancer des annonces et recevoir des appels. 

C'est la vie. Il le sait.