MARIN AVANT

Oui, j'étais un marin jeune, agréable à regarder et plutôt bon dans son domaine. J'ai appris mon métier dans l'armée puis, à la fin de mon contrat, j'ai décidé de travailler dans le tourisme. Je promenais des gens en Méditerranée, d'abord puis j'ai fondé une petite société avec deux copains. On a acheté deux bateaux et on a organisé des sorties en mer...je ne me souviens pas très bien. Juste que j'avais vingt-neuf ans quand tout a commencé, que j'avais une fiancée et même que je suis mariée. On avait une jolie vie. Elle s'appelait Julie Cavallan avant de m'épouser. C'était une belle période. Et puis, on a eu un ennui. Une touriste q'on promenait, qui a fait un malaise et qui est morte. Tout s'est envenimé alors qu'on y était pour rien, franchement...

Les ennuis se sont accumulés. 

MARIN AVANT

 

Je ne sais plus quand j'ai décidé que la vie que je menais n'avait plus de sens. On s'était fâchés entre associé et je ne pouvais faire vivre ma femme aussi bien que prévu. Mes parents à moi, ils avaient toujours été jemenfoutiste avec moi. Tu fais comme tu veux mais tu ne nous demandes rien et tu te contentes de ce que tu as. Rien à attendre. Ses parents à elle, c'était l'opoosé : ils voulaient me renflouer, me permettre de repartir à zéro. J'ai failli accepter puis j'ai eu un déclic. ça n'irait jamais comme je voudrais. Cet échec de notre tentative maritime, c'était trop plombant. L'italie n'était pas loin, j'y allais déjà souvent. Je ne sais pas pourquoi mais j'ai eu l'intuition que je redemarrerais là-bas. Il fallait juste que j'évite de tenter ma chance dans une vie proche de la frontière française. J'ai pris mes économies, j'ai vendu ma voiture (ma femme en avait une) et j'ai filé. J'ai travaillé à Gênes et on ne m'a rien demandé. J'avais des connaissances concernant la mer, j'avais été longtemps marin, quand même et ça m'a donné du travail. Les mois ont filé, je savais qu'on me cherchait mais j'étais majeur et on n'avait rien à me reprocher. Pas de casier judiciaire. La touriste sur le bateau, on n'y était pour rien, c'est juste que ça nous a fait du tort. Mais sinon, j'avais été réglo.

Oublier ? Oui, on peut.

Mener une autre vie ? Je vous assure que ça existe. En Italie, au bout de quelques années, j'ai trouvé ma place. Je travaille à Naples. J'adore ce pays et cette ville. J'ai repris ma vraie identité, divorcé, tout lâché en France. Croyez-moi : les gens, quand ils pensent que vous êtes en difficulté, ils vous cherchent partout mais des lors qu'ils ont pigé que vous les avez reniés, ils n'insistent pas. Mettez vous à leur place : c'est terrible pour eux. Alors, personne ne tente le coup. On ne veut plus vous voir.

Du reste, je suis remarié, j'ai deux enfants.

Je leur dirai quoi à ceux de mon autre vie ?