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Elle était troublée et fâchée. Il travaillait de moins en moins mais ne s'en souciait pas. Sa famille paraissait très étrange. L'argent y circulait facilement et il en bénéficiait. Nous ne manquions de rien. Pourtant les Parondi, aussi nombreux qu'insaississables, ne cherchaient pas à nous voir. Guillaume paraissait parfois amusé de sa famille mais le plus souvent, il serrait les dents. Rien ne filtrait, il ne parlait pas. Dans la banlieue de Toulouse où ils vivaient dans plusieurs maisons proches les unes des autres, ils étaient bruyants et noctambules...

C'est pendant cette période un peu étrange que j'ai pris ces deux photos de lui que je ne cesse jamais de regarder. A y bien réfléchir, le fait qu'il voulait changer de vie était perceptible dans son regard, dans le pli de sa bouche, dans l'arrondi de sa joue et aussi dans la façon dont il raidissait son corps nerveux...Avec les siens, c'était compliqué et ça l'était aussi avec nous. En tout cas, dans sa tête...

Moi, j'avais comme une apréhension. Il ne me sourirait plus, ne me câlinerait plus... Je ne sais ce que percevait Sophie, ma mère et encore moins ce qu'imaginaient mes grands parents maternels. Mon père était pour eux aussi charmant que futile, seulement il était un mari, un père et un poète qu'il ne fallait peut-être pas trop malmener. Quand les poètes sont morts, leurs noms courent dans les rues et sont dits et redits. Qui sait l'influence que Guillaume aurait un jour ? Celle qu'il avait sur moi était très perceptible. Ils n'y touchaient pas. Et puis de toute façon, il était depuis longtemps dans les parages et y resteraient...

Ma mère a de nouveau été enceinte et c'est elle que j'ai prise en photo, le plus souvent possible. Anna est venue au monde et nous avons été heureux.