jEREMIE

A Noël, ma jeune sœur a décidé qu'on se rejoindrait à Biarritz, ma mère, elle et moi. Si ma mère a accepté c'est qu'elle se sentait coupable. Elle avait toujours préféré ses deux filles. Et puis, la reprise de l'hôtel par Benoït et Maria prenait un tour délicat. Ils géraient bien mais ne voulaient pas qu'elle s'en mêle. Forcement, c'était blessant pour elle ! Alors, elle s'est souvenue de moi ! Je dois dire que leur séjour s'est passé correctement. On avait trouvé un petit hôtel agréable, on s'est promenés en ville et sur la plage et on a bien mangé. Mais là, tout s'est préciîté. Je la regardais Louise, ma mère et je regardais aussi Maïka, si jeune encore et si responsable. On était le 26 et on devait encore rester deux jours. Je me suis dit que c'était là, que tout se nouait et que je devais partir pour changer de vie. Celle là n'avait plus d'intérêt.

 

Vers 17 heures, je ai laissées à l'hôtel pour aller chercher des cigarettes et je ne suis pas revenu. Je savais qu'au bout de vingt quatre heures, elles iraient au commissariat pour déclarer ma disparition. Et là, on soulèverait un problème. On leur expliquerait qu'un majeur a le droit de disparaître. En effet, la loi protège le majeur responsable en le laissant libre d'aller et venir sans obligation de rendre de compte à ses proches. Je sais qu'elles se sont démenées mais il n'y avait rien à faire. J'ai tout liquidé à Madrid et j'ai filé au Maroc puis en Tunisie. Au bout de quelques temps, parce que je voulais revenir en France, j'ai choisi la Côte d'Azur. Je ne m'appelais plus pareil. On ne pouvait pas me localiser.