debuts 1

Créer Wham ! c'est créer un esprit et une légende. Andrew garde son prénom, Giorgos en change...

Mais tout ça, le jeune chanteur l'ignorait ou s'il le savait, il s'en moquait. La référence claire qu'il avait en tête, c'était le 23 avril : le jour de Saint-Georges. Car ce même martyr chrétien qu'avait persécuté l’empereur Dioclétien était devenu très populaire dans les temps où les Croisés partaient reprendre le tombeau du Christ. On lui prêtait de nombreux exploits, dont celui d'avoir terrassé un dragon. Il l'aurait d'abord apprivoisé avant de le tuer car cette bête immonde exigeait des sacrifices humains...Donc, Georges comme saint patron de l'Angleterre. Il avait même un drapeau, croix rouge vif sur fond blanc...

Avec ce prénom, une légende se créait, que venait confirmer le choix du nom d'artiste. Michael, c'était au départ un prénom, d'origine hébraïque. Il signifiait « qui est semblable à Dieu ». L'archange Saint Michel était celui qui avait terrassé Lucifer avant de devenir le chef des armées célestes. Pour l'heure, celui qui adoptait ce prénom comme patronyme ne voyait que l'élégance qu'il sous entendait, un certain classicisme et une revendication claire de classe et d'élégance. Il trouvait que ce pseudonyme sonnait bien, qu'il était original et qu'il était facile à retenir. C'était d'importance car il deviendrait célèbre, il serait quelqu'un. Aucun doute là -dessus. George, qui ignorait la lointaine visite de sa mère à un médium lui annonçant un fils charismatique et applaudi, était d'une ambition féroce qui s'appuyait sur un vrai talent. Il ne doutait pas.

Plus tard bien sûr, puisque rien ne se fait au hasard, il aurait une autre lecture de la juxtaposition de ces deux prénoms et de la création de cette créature singulière nommée George Michael...

-Classe et très anglais, George Michael, tu confirmes ?

-Je confirme.

 

DEBUTS 2

Toujours aussi liés, George et Andrew disposaient maintenant d'un bon lot de chansons mélancoliques ou entraînantes et, certains que leur opiniâtreté à démarcher les maisons de disque finirait par payer, ils battaient le pavé. Ils avaient raison d'être confiants car en 1982, les représentants d'Innervision Records qui écoutèrent leur maquette ne soupirèrent pas d'agacement avant de leur indiquer la porte comme tant de fois mais dressèrent l'oreille et demandèrent à en savoir plus. Ces deux garçons, c'était des pépites. Un contrat fut signé.

-Un contrat, mon gars, un vrai !

-On est des chefs, Yog !

-Le début du succès ?

-Je veux !