FT

Le succès de Faith le livrait aux redoutables tabloïds internationaux qui s'interrogeaient férocement sur sa sexualité. C'était effrayant car aucun ne relâchait la pression !

Vous voulez savoir où j'en suis car je n'en ai pas dit assez...Je connais les journalistes...Est-ce que je suis homosexuel ? Je serais fou de le dire, vous ne croyez pas ? Mais je ne le démentirais pas non plus. Parce que se défendre, cela signifierait que j'aurais honte si cela était vrai. Or, j'ai beaucoup d'amis bi ou homosexuels, et je crois au libre choix dans ce domaine. Mais surtout, je pense que ces interrogations n'ont pas lieu d'être, que c'est une violation de l'intimité. C'est pour cela que je ne confirme ni ne démens aucune rumeur concernant ma vie privée. Mais on pourrait peut-être revenir à mon talent ? Je suis un artisan,un orfèvre, ça enlève de la spontanéité, c'est vrai mais ça permet d'aller plus loin, de construire une œuvre...

Droit, vrai, il l'était et prudent aussi. Il affirmait rechercher la stabilité. Il donnerait au public ce qu'il était en droit de recevoir et tirerai sa révérence avant qu'on ne le dédaigne...Mais c'était encore loin.

Un peu partout, sa photo traînait dans les magazines pour adolescents.

Entre James Dean et Elvis.

Ce pur visage.

Ce regard.

Tu penses qu'il chantera encore longtemps ? Il y en a tellement qui n'arrivent pas à se renouveler.

Pas lui, on dirait.

Ah tu crois ?

Oui.

La tournée Faith l'avait épuisé d'autant qu'en juin 1988, il avait participé au concert donné à Londres en l'honneur de Nelson Mandela, qui avait eu soixante-dix ans...il avait chanté au même titre que Dire Straits, Sting ou Eurythmics...C'en était trop vraiment...On le sommait maintenant de se dévoiler. A un journaliste australien qui le dévorait des yeux en lui demandant s'il était gay, il avait déclaré qu'il n'avait à préciser que ses choix artistiques. Il avait l'air sûr de lui et offrait aux téléspectateurs sa beauté de chanteur à la mode. Au moins, le journaliste s'était-il contenté de l'écouter sans le contrer tout en sous entendant en coulisses que peut-être, lui-même se trouvant libre ce jour là, ils pourraient faire plus ample connaissance... Par contre, une autre, du Daily Mirror lui avait demandé s'il avait fait le test du sida. Il avait très clairement répondu non. Le magazine avait alors titré : George Michael a peur d'attraper le sida …Quand il avait rétorqué qu'on déformait ses propos, le journal était monté au créneau. Donc vous n'avez pas peur et n'avez rien à cacher ? Nos lecteurs attendent...Alors, ce test ?

Pénible à vivre certes mais allant de pair avec la gloire. Alors autant se rapprocher de ses chères références et parmi lesquelles, celle d'Elvis...

Elvis Presley ! Avec Faith, il ne pouvait ne pas avoir pensé à lui. Et pour cause....Adulé, pressuré mais aussi critiqué, le King avait répondu à ses détracteurs qui se scandalisaient de sa démarche : Je n’essaye pas d’être sexy, c’est juste ma façon de m’exprimer quand je me déplace.  Eh bien au moins, George se sentait moins seul... Et cette autre phrase, plus terrible : L’adversité est parfois difficile pour un homme; mais pour un homme qui peut supporter la prospérité, il y en a cent qui résistent à l’adversité. Voilà qui faisait réfléchir quand on venait de traverser l'épreuve harassante de la tournée Faith.

rocker

Et puis, il y avait la beauté d'Elvis jeune, sa voix unique, son énergie et sa mélancolie avant l'épuisement et le désastre final...

Le blouson d'Elvis, le blouson de George dans Faith...Une réminiscence ? un hommage ?  Les deux, bien sûr. L’image est une chose et l’être humain en est une autre. C’est très difficile de vivre à la hauteur d’une image.  Toujours le King. A bon entendeur...