FELEPPA

George Michael est en concert à Rio. Tout se déroule bien et son magnétisme opère mais un spectateur retient son attention. Quelle est cette force qui le pousse vers lui ? Un jeune homme au premier rang ne cessait de le regarder. Il avait bien sûr l'habitude d'être dévoré des yeux et de se poser en objet de désir mais là, c'était différent. Brun, le visage d'un bel ovale, ce jeune brésilien le regardait avec certitude et confiance. Il avait beau hocher la tête et s'agiter parois dans sa belle chemise colorée, il ne cessait de le contempler en souriant, dégageant une sorte de sérénité joyeuse mais déconcertante. Plus le concert avançait, moins George ne pouvait s'empêcher de le guetter. Le regardait-il encore ou avait-il désarmé ? Certainement, il se serait lassé...mais non, le garçon était toujours là et cette fille qui l'accompagnait aussi, puisque fille, il y avait. Elle portait une robe pourpre, décolletée, très bien coupée et aucun bijou. Ses cheveux retombaient librement sur ses épaules ; à ce qu'il en voyait, elle était jolie. Souvent, elle se tournait vers le jeune homme et ils riaient très complices mais lui, comme malgré lui, se remettait à se contemplation et souriait souvent, offrant un beau visage exotique qui reflétait un intense bonheur. Il fallait poursuivre, jouer son rôle, s'adresser au public en anglais, le faire reprendre ses chansons, sourire, séduire, éblouir aussi par la force et la beauté de sa voix mais ça devenait difficile car à la fin du concert, l'éblouissement disparaîtrait...Il était prévu qu'il chante deux heures durant, il pourrait prolonger un peu bien sûr, ce ne serait pas difficile vu l'ambiance délirante qui régnait dans le stade mais ça ne suffirait pas...Ce garçon qui posait sur lui son regard bleu vert plein de vénération, disparaîtrait. Et en effet, malgré les pauses, les applaudissements à tout rompre, les trois choristes qui étaient ce soir là particulièrement brillants et les rappels, il fallut bien que les spectateurs se dispersent. Le jeune homme et sa compagne furent pris eux-aussi dans un mouvement de foule et George se prit à penser, alors qu'il était déjà en coulisses qu'il n'était qu'un pauvre fou.

J'attends l'amour, j'attends l'amour mais tout de même ! Quel est ce délire ? Il n'est qu'un inconnu dans un pays que je ne connais pas et pourtant, on dirait que c'est lui !