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Avoir trouvé l'amour est une bénédiction; le perdre très vite à cause du sida est un désastre moral. Souffrance et incompréhension de George. 

Un an et demi après ce coup de fil où la maladie mortelle avait été annoncée, Anselmo était mort. A Rio, sa mère et ses sœurs l'avaient accompagné jusqu'au dernier moment. George, quand il venait au Brésil, logeait chez madame Feleppa mais Anselmo avait posé ses conditions et rapidement, il dut y souscrire. La maladie commençait d'enlever sa beauté à l'être aimé. Averti par un ami de son compagnon, George, effondré, prit l'avion.

Face à sa mère, cette femme digne qui lui parlait, George pleurait :

-Il est mort ! Il est mort !Il fallait me laisser le faire soigner aux États-Unis.

-Il ne le souhaitait pas. George, Dieu est grand !

-Quel dieu peut être grand quand il laisse faire une chose pareille ! Il était tellement jeune ! Trente ans-six ans !

-Anselmo est croyant. Ses anges le protègent. Ils l'accompagneront au ciel.

-Mais comment ça ! Madame, il est mort...

George sanglotait.

-Il est la Miséricorde et la Vie. Vous avez dit à Anselmo qu'il avait été la plus grande chance de votre vie. Il sait que vous avez dit vrai et il s'en souviendra. De là-haut, il vous protégera et déjà, il vous dit de vous armer de courage. Il sait que vous voulez qu'il soit fier de vous, alors donnez-lui raison ! Il vous gardera au ciel l'amour qu'il a eu pour vous sur cette terre et même si, aujourd'hui, vous pensez le contraire, vous verrez que c'est vrai. Il sera votre Ange.

-Il était ma vie...

-Il est passé en paix...

Jamais une parole contre l'inconséquence de son fils qui avait eu toutes sortes de liaisons, jamais un soupir mal intentionné, jamais un regret. Il avait été un adorable petit garçon, un gentil écolier, un adolescent fougueux et toujours il avait adoré sa mère et ses sœurs.

-Bien, madame.

-Je sais, vous êtes bouleversé...Laissez couler vos larmes...Personne ici ne vous en fera reproche...

Et elles coulaient en effet sur le visage dévasté de George.

-Il y a autre chose. Il y a peu, il m'a dit de vous dire ceci : Mon George, fais, du deltaplane, de la plongée sous-marine, des expéditions dans des endroits risquées. Prends des risques et n'aie pas peur. Aie confiance et dis la vérité, c'est la clé...

-Il a dit ça ?

TU ETAIS LA

-Oui. Vous pleurerez encore beaucoup comme aujourd'hui mais vous ferez tout ce qu'il a dit, n'est-ce pas ?

-Je le ferai.

-Il en sera heureux. De toute façon, il est vivant...

-Madame...

-Vous saurez que c'est vrai. N'oubliez pas. C'est un Brésilien...

-Oui, j'attendrai...

Il leur donna de l'argent pour que les boutiques vivent et qu'elles s'en sortent et il resta en contact avec elles. Quelque chose d'Anselmo existait encore quand il était à Rio avec elles mais quand il les quitta, ce fut terrible.