yba

2. Des maisons, des chansons, du bonheur et des morts.

Des maisons où vivre, des maisons où prendre son temps, des maisons où faire l'amour longuement, où se cacher pour être heureux. Il en aurait une dans le centre de Londres, une autre, somptueuse, sur la côte californienne, une en Australie et pour finir, une autre sur la Côte d'Azur, près de Saint-Tropez. Pour finir, il en achèterait une dernière, datant du dix septième siècle dans une banlieue huppée de la capitale britannique. Il les meublerait toutes et les décorerait. Elles seraient d'autant plus belles qu'il y vivrait nécessairement à un moment ou à autre. Il n'y avait aucune raison qu'il n'achetât pas de mobilier luxueux pour les meubler dans les moments où il préférait se passer des services d'un décorateur ou encore qu'il ne fasse pas d'acquisition d’œuvres d'art pour leur donner un cachet particulier. A l'instar d'Elton John, il soutint l'émergence du collectif britannique contemporain Young British Artists et acheta les œuvres de jeunes artistes plasticiens britanniques aux origines modestes comme lui et dont la courbe de célébrité suivrait la sienne. C'est une orientation qui fait de cet ensemble de créations un ensemble d'une cohérence rare sur le marché actuel de l'art, lui avait-on dit et il en tint compte. George, depuis longtemps déjà, même s'il dépensait beaucoup, avait le sens de l'argent et des placements. En 2019, chez Christie's, seraient vendues bon nombre d’œuvres dont il avait fait l'acquisition. On y découvriraitThe Incomplete Truth  du controversé Damien Hirst, une sculpture représentant une colombe en vol figée dans du formaldéhyde, qui serait la vente la plus fructueuse réalisée ce jour ainsi que des œuvres de Tracy Emin, Sarah Lucas ,Jake et Dinos Chapman ou Angus Fairhurst. Et bien sûr, Andy Wharol...Mais pour l'heure, et bien qu'il se gardât bien de dire qu'il achetait pour la valeur marchande des artistes, il mettait ses maisons en valeur...