LIEN 1

Pour le pragmatique Kenny, il est peu compréhensible que George Michael doute à ce point de sa carrière, soit dans l'expectative et cherche l'implosion...

Pour le constructif Kenny, c'était jouer là un jeu brillant mais dangereux...Il préféra aborder le sujet.

-Tu te souviens de la lettre que Sinatra t'a écrite ? Tu me l'as montrée...

-Bien sûr ! Elle a paru en première page du L.A Times Calender Magazine mais il m'en a fait parvenir un exemplaire en septembre 1990. J'ai été suffoqué.

-Tu devrais continuer de l'être. Tu es un compositeur de plus en plus singulier.

-Je t'écoute...

-Il t'a dit qu'au lieu de te plaindre de ta célébrité invasive, tu ferais mieux de remercier Dieu chaque jour pour ce que tu as ! C'est que devraient faire, de toute façon, tous les artistes qui ont un vrai don à partir du moment où celui-ci est reconnu...

-Je me souviens. Tu veux que j'aille chercher la lettre ? Si je n'ai pas l'original sous la main, j'en ai toujours une copie...Il m'a fait remarquer que j'étais contradictoire. Dès l'âge de sept ans, vous avez voulu être célèbre et vous l'êtes devenu. Et maintenant que vous êtes au sommet et alors que vous n'avez que vingt-sept ans, vous voudriez laisser tomber tout ce qui fait envie à tant de jeunes gens qui seraient prêts à tuer sur le champ leur grand-mère pour être aussi célèbres que vous !

-Il t'a dit aussi d'arrêter de te plaindre des dommages causés par la célébrité et que tu pourrais vraiment te lamenter...

-Quand il ne resterait plus qu'une femme de ménage prête à nettoyer une petite salle après un concert où j'aurais joué pour un nombre ridicule de spectateurs....

-Le talent – et de toute évidence, vous en avez beaucoup- ne doit pas être gâché par ceux à qui il est échu. Il doit être salué, entouré, nourri par ceux qui le reçoivent avant même qu'il ne les déserte et les laisse dévastés...Croyez-moi, je sais de quoi je parle...

LIEN 2

-Bravo, Kenny. C'est presque exact. Ceci étant dit, je te fais remarquer que je crée...

-Oui, mais ces deux albums...

-Des reprises ? Mais où est le problème ? Les ventes sont là. Et puis, Ladies et Gentlemen est plein de chansons que ma mère aimait...N'est-ce pas un bel hommage ?

-Si.

-Quoi ? J'en suis à la femme de ménage ?

-Ce n'est pas ce que je dis.

-Je ne chute pas si c'est cela que tu sous entends ! Je ne chute pas...

Mais si malgré tout, si. George était souvent désœuvré. Et il changeait...A Los Angeles, quand il était chez Kenny, le chanteur s'éclipsait souvent pour aller chercher qui pouvait lui répondre. Les aventures rapides, l'Américain n'avait rien contre car elles n'entamaient pas leur alliance mais le manque de prudence de George le gênait. C'était à croire que les deuils qu'il avait dû traverser l'avaient rendu compulsif. Il lui fallait des corps, des étreintes. Le sachant soucieux de sa notoriété, de sa carrière et de sa beauté captée par tant de photographes, Kenny tentait de le sensibiliser aux risques encourus. Le chanteur ne voyait que l'immensité de la ville et l'anonymat qu'elle procurait. Dans sa grande propriété californienne, c'était différent. Il employait pas mal de monde et ses employés devaient jaser quand il partait seul sans que cela aille très loin, mais ici, qui s'en soucierait ?

-Ici, c'est pareil. Et je dirais même que les risques sont plus grands. Ne va pas te fourrer dans une affaire de mœurs, George ! Tu les auras tes gros titres crois moi, dès qu'ils t'auront identifié, mais es-tu sûr que tu as besoin de cette publicité ?

-Ce que tu dis ne repose sur rien...

-Si à la fin ! Tu t'es plaint de la presse anglaise, de ces journaux à grands tirages qui ont tant épié ta vie ! Tu ne vas tout de même pas leur faire un cadeau pareil ! Et tes sœurs, ton père ? Tu as pensé à eux ?

-Mes sœurs t'adorent, même Yioda, il faut le faire ! L'Américain si travailleur qui a une bonne influence sur moi...

-Justement. Elles seront éclaboussées par ça. Tu ne peux pas leur demander d'encaisser pour toi.

-Encaisser pour moi ? Mais même à toi je ne le demanderai pas...

Il n'y avait rien à faire, c'est dehors que ça se passait. Pas dedans. Plus de rencontres discrètes, payantes certaines fois. Marcher seul chercher, trouver...Parcourir la ville immense...

 

LIEN 3

-Tu cherches la punition, George.

-Parce que je veux faire l'amour ?

-Oui. De la façon dont tu t'y prends, tu veux être puni.

-Et je le serai ?

-Je crains fort que oui...

Kenny ne croyait pas si bien dire en cernant ainsi la conduite de celui qu'il aimait.