AGRESSION 1

Adroitement présenté depuis la début de sa carrière comme un tombeur de femmes, George Michael s'est découvert clairement gay. Seulement une grande partie de son public l'ignore. Pris en flagrant délit avec un autre homme à Los Angeles, il risque bien cette fois de devoir s'affirmer...

Le sergent Marcelo Rodriguez et son acolyte venaient de prendre sur le fait deux hommes en train de s'accoupler. C'était si grotesque de George ne put s'empêcher de pouffer de rire. Son partenaire, lui, faisait profil bas.

-Des usagers se sont plaints d'actes d'exhibitionnisme dans le parc. Ils ont également signalé des agissements suspects dans les toilettes pour homme. Vous êtes en état d'arrestation.

Au poste, tout fut limpide. Un Américain quelconque et un Anglais poseur qui hésitait entre l'hilarité et la contrition. Il lui fallait un certain temps pour comprendre . Nom de Dieu ! Un gros poisson ! Lui, il ne voyait pas bien qui était ce George Michael mais on éclaira sa lanterne. Un chanteur qui, il fut un temps, avait fait un vrai tabac aux USA. Faith ! Faith ? Non, pas vrai. Marcelo Rodriguez en était suffoqué. Chantait toujours celui-là ? Oui pour un public restreint et ciblé ! Un ramassis de pédés et de vieilles filles à la libido en panne sèche...Tu vas voir ...

-Vous outragez la morale publique, monsieur.

-Oui, non...

-Il est clair que si ! Votre coéquipier est nettement plus coopératif. Il est conscient, lui, de la gravité de ses actes...

-Ce n'est pas mon coéquipier.

-Ah ? Vous reconnaissez néanmoins les faits...

-Bien sûr que je les reconnais ! Vu ce que nous faisions quand vous êtes arrivés...

-Votre libération sous caution est fixée à cinq cents dollars. Vous passerez en jugement ensuite. Vous êtes une célébrité en Angleterre...

-Et en Europe, aussi. Je peux téléphoner ?

-Enfin, vous n'êtes pas une bête !

-Téléphoner ?

-Bon, vous avez signé vos aveux...Vous devrez répondre de vos actes. Vous êtes sur le territoire des États-Unis d'Amérique, monsieur...

Tu vas t'en rappeler, je te prie de me croire, de l'état d'esprit qui règne dans ce pays ! Qu'est-ce que tu crois, qu'on peut tout faire ? D'ailleurs l'autre, il est mort de trouille. C'est qu'en plus il y a des pédales anglaises en Amérique...Foutez-moi ça dans des camps...

-Oui, je sais où je me trouve. Où est le téléphone ?

Kenny était blême à son arrivée. Il paya sans sourciller mais fut muet pendant le trajet. George, tout de même navré, contempla à de longues reprises ses traits raidis et sentit sa colère non dite. Ils firent chambre à part.

-C'est assez bête, je dois dire. Je t'assure, il n'y avait personne...

AGRESSION 2

-Assez rare dans ce type d'endroits qu'il n'y ait pas de surveillance...

-Tout de même...

-Tu as de l'entraînement, c'est vrai...

-Kenny !

-Je suis américain, tu comprends ça et texan qui plus est ...Ne présume pas de mon seuil de tolérance.

-Mais ce n'était rien...Il me faisait envie, c'est tout...

-Bon sang mais ça ne prête pas à rire, ici !

-Je ne ris pas.

-Il faudra libérer l'appartement demain matin. J'ai un vol pour Dallas.

-Tu devais aller au Texas ?

-Non, mais maintenant oui. La conversation est terminée.

-Cette nuit, je pense que les journalistes...Enfin, ce sera bruyant...

-Je serai parti de bonne heure.

-Très bien. Je ne resterai pas non plus à Los Angeles. J'irai dans ma villa.

-Fais comme tu veux.

-Nous avions passé une soirée délicieuse. J'ai cédé à mes démons, je suis sorti voir si quelqu'un se présentait, rien de plus...

-Pas un mot de plus.