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Arrêté pour attentat à la pudeur à Los Angeles, George Michael s'apprête à être condamné. Cette arrestation et sa publicité grotesque le poussent certes à s'affirmer mais l'agressent; Sur une plage, un garçon joue avec un chien. Une relation se noue, fugace...

Ils discutèrent et rirent un peu. Cet Erik était danseur classique au Danemark. Il aimait les États-Unis. Sa beauté était certaine mais elle n'était pas sophistiquée. Du plus, il ne s'agissait pas de quelqu'un d’exubérant. George revint le lendemain et le surlendemain, directement à la petite villa. Ils avaient convenu d'une heure, le jeune danois ne semblant pas isolé du tout et ayant toutes sortes de rendez-vous. Ils firent l'amour tranquillement dans une chambre fraîche où le jeune homme qui avait reconnu George et le lui avait savoir, se montra tout aussi adroit que tendre. Après l'étreinte, le chanteur lui dit :

-Je viens d'être libéré sous caution suite à un attentat à la pudeur ; je me suis fait prendre dans les toilettes d'un parc chic avec un partenaire. Je devrai faire quatre vingt heures de travaux d'intérêt général. Qu'en pense quelqu'un comme toi, qui es si jeune ?

-J'ai vingt cinq ans. Ce que j'en pense ? Rien à vrai dire. Je n'imagine pas.

-Tu ne fais jamais ça ?

Le jeune homme parut interloqué.

-Dans les toilettes ? Viens à Copenhague l'hiver et essaie ! Non, non.

-Tu as bien des aventures ?

-Oui mais ça vient quand ça vient. Ma génération se protège, se montre prudente et puis, dans une boite, c'est mieux, non ?

-Si. Ta génération n'est pas la mienne...

-C'est vrai. On avance. C'est important...Pour les gens de ton âge aussi..

-Alors, tu es très concerné...Est-ce que ça a été difficile pour toi ?

-Difficile ? Ah je vois à quoi tu fais allusion. J'ai intégré une école de danse rattachée à l'Opéra royal de Copenhague. Il y a beaucoup de lieux communs sur les danseurs et oui, j'ai entendu des trucs. Ça ne m'a pas tellement affecté. Il faut dire que je ne suis pas catégorique...

-Comment ça ?

-Je n'exclue pas les femmes.

-Pas encore...

-Il ne faut pas présumer comme ça, George. Tu ne sais pas qui je suis. Pour toi, c'était compliqué...

-Oui, à divers niveaux. Ma famille, ma carrière...Et tu vois, avec cette mésaventure, j'irai au tribunal...

Le jeune homme paraissait perplexe et George reprit :

 

CA CA 1

-Dis moi que tu ne comprends pas avec la même voix que tout à l'heure et cette même douceur...

-Mais c'est vrai, je ne comprends pas.

-Que je me livre à ces gens là ?

-Quelque chose comme ça...Mais je ne te connais pas...

-Tu n'as jamais le sentiment que tu as quelque chose à payer...

-Peut-être qu'on peut payer par l'art, la création...

-Ce n'est pas suffisant.

-Pour toi, non...

-Dis « Je ne comprends pas » …

-Je ne comprends pas.

 

SC 2

Le chien aboya au dehors. Le jeune homme se redressa, attentif, craignant que quelqu'un n'arrive puis s'allongea de nouveau. Il était temps de lui refaire l'amour ...

Le lendemain, ce fut plus intense encore. Les gestes de cet inconnu étaient d'une grande tendresse, ses caresses d'une grande douceur sensuelle. Il était consolant.

-Tu ne comprends toujours pas ?

-Ce que tu as fait ? C'est dans les journaux maintenant, enfin certains. Non, je suis sans opinion. Qu'est-ce ça changerait de toute façon ?

Le jeune homme sourit avec tendresse.

-Non, je te l'ai dit. Je ne comprends pas.

Ils s'étreignirent de nouveau.