11 septembre

Au début des années 2000, George Michael a trouvé un compagnon stable. Mais celui-ci est américain et les événements du 11 septembre le bouleversent.

En 2001, Kenny trembla et voulut absolument se cantonner aux USA. Le World Trade Center. Ces attentats. La Superbe de l'Amérique mise à mal de cette façon ! Il avait beau faire essentiellement des affaires sur la côte ouest et retourner au Texas car il y avait ses racines, le mal était fait et il était terrible.

-Quatre  attentats-suicides perpétrés le même jour aux États-Unis, en moins de deux heures par des membres du réseau djihadiste Al-Qaïda, je ne peux pas ça ! Le World Trade Center avait déjà attaqué en 1993 mai qui aurait cru ! Il y a près de trois mille morts ! Et le Pentagone ! Et Washington...C'est...C'est monstrueux ! Qui sont ces gens ? Mais qui sont-ils !

-Tu ne vas pas rester à New York !

-Si, mais si...Tu n'es pas américain ! Ça ne t'arrive pas...

-Écoute !

-Je n'écoute rien ! Ils sautaient des tours ! Combien n'ont plus de mari, de femme, de fils, de fille, de cousin...Combien d'enfants sans père ou mère ? Combien d'animaux sans maître...Il y a un nuage de fumée sur Manhattan...Tu verras, après tous ces morts, il aura des cancers ! Je ne peux pas le croire, c'est terrible, c'est terrible...

Il parlait de façon très hachée au téléphone, son accent du sud, qu'il s'efforçait de corriger, apparaissant clairement. Il allait mal. George dut l'appeler plusieurs fois pour que sa colère et son mal être se dissipent un peu mais même avec cela, Kenny resta mortifié. Citoyen averti des États-Unis d'Amérique, il connaissait bien les institutions de son pays et, pour avoir parcouru bien des états, savait en parler. Il n'était pas toujours clairvoyant quand il vantait la puissance américaine mais le fait est qu'il savait manier les chiffres et convaincre son public. Le libre échange, les grands espaces, le rôle d'arbitre international, Kenny défendait ce qui était américain et comme il était intelligent, il savait ne pas en faire trop. Avec une telle attitude, il faisait mouche...Toutefois, les événements du onze septembre l'avaient profondément abattu. George, qui était toujours dans une période de latence, continua de passer beaucoup de temps avec lui. Leur maison de Dallas s'avérait aussi luxueuse que confortable, ce qui en soi ne déparait pas des autres demeures de George mais elle portait la marque de Kenny. Tous deux avaient bien sûr fait appel à des décorateurs de talents qui leur avait créé un univers à la fois lumineux et feutré mais l'Américain avait souvent revu les agencements de meubles dans les pièces principales ainsi que dans , les jardins et autour de la piscine. C'était bien cela, George aimait que son compagnon eut à ce point investi les lieux, chinant pour trouver quelque meuble inattendu et achetant des œuvres d'art pour créer un très beau décor qui portait vraiment leur marque. Kenny, Kenny aux deux visages !

Septembre 11

L'homme d'affaire sagace et plutôt dur à cuire d'une part et le tendre amoureux de l'autre. Interviewé par le très sérieux magazine anglais The Gardian en 2006, il déclarerait que si sa plus grande peur était de vivre dans l'ombre, la personne vivante qu'il admirait le plus était George Michael car c'était un être humain admirable. Il dirait aussi pêle-mêle qu'il adorait prendre un martini dry au Claridge, qu'il trouvait extravagant mais grisant de voyager en première classe et que si on tournait un film sur sa vie, il aimerait que Joaquin Phoenix joue son rôle ! Plus légèrement, il confiait qu'il n'aimait pas son ventre, aimerait vivre à Paris et ne détestait pas draguer des hommes hétéros mais sur d'autres questions, il était plus grave. George était l'amour de sa vie et il ne connaissait rien de plus excitant que l'odeur qu'il laissait sur lui après avoir pris son bain. Il confiait aussi qu'il avait peur de vieillir...Et puis, il avait traîné pour prendre de vraies et importantes décisions : ouvrir sa galerie d'art par exemple mais aussi se faire désintoxiquer car il aimait l'alcool. A George, il demandait pardon. Il aurait du être plus décisif...Il avouait une peur d'échouer, qui le reprenait souvent et précisait que pour ses funérailles, il voudrait qu'on joue A Different Corner, cette chanson de George qu'il aimait tant...Vraiment un personnage plein de failles et de force...

Le temps avait passé, les deuils, encore pesants, s'estompaient. George avait de nouveau des idées plein la tête. On avait dit qu'il se repliait sur lui-même et ne regardait plus autour de lui...C'était une erreur !