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En 2002, George MIchael chante Shoot the dog, une chanson où il raille la politique américaine, la guerre en Irak et l'attitude de Tony Blair. La situation s'envenime et sur une chaîne américaine, George parle.

Ne pouvant laisser les choses dans l'état, il déclara sur CNN, en juillet 2002 :

-Votre chanson fait polémique. Vous avez bien conscience qu'elle peut être très mal perçue...

-Eh bien, pour éclaircir le message que je tente de lancer, je dois vous dire que je ne mets pas en cause la réponse des États-Unis à l'attaque d'Al-Qaïda. Je ne m'insurge pas contre le système américain et je ne critiquerai jamais l'Amérique pour sa réponse militaire et politique après le 11 septembre.Je pense que celle-ci était parfaitement naturelle et acceptable. Non, cette chanson parle vraiment d'une situation actuelle, qui est le bombardement possible de l'Irak.  Mr Blair n'implique pas les Britanniques dans une discussion sur ce bombardement éventuel de l'Irak et selon moi, c'est grave.

-Sans doute mais ce que vous dites du président américain...

-Dans ma chanson, le président Bush est caricaturé, c'est certain ! Mais c'est que de nombreux Britanniques n'ont que peu confiance dans ce chef d'état  et beaucoup d'entre eux, dont moi, n'en ont pas du tout. Et quand à notre premier ministre qui joue les chiens de garde, je ne suis pas le seul à penser qu'il n'est pas dans son meilleur rôle. Il y a des caricaturistes doués, c'est pourquoi j'ai voulu montrer leur travail dans ce clip !

C'était clair mais il restait à George à dissiper un malaise. Cette chanson aux États-Unis  était mal reçue. Une caricature de cet ordre après le 11 septembre ?

-Écoutez, j'ai voulu montrer que, fondamentalement, les choses deviennent folles. J'aimerais que ma chanson soit un catalyseur pour un débat politique et là, je parle de la Grande-Bretagne principalement. L'Amérique ? Je pense qu'il faut se rappeler que cette chanson n'a jamais été destiné à un public américain !

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-Vraiment ?

-Si j'avais prévu les choses autrement, on aurait pu parler de mauvais timing, cela aurait été irrespectueux. Donc, pour moi, c'est très clair : pas de sortie américaine.

Évidemment, tout ne se passa pas comme prévu. Iris Murdoch, le grand patron de presse qui dirigeait entre autre The Sun, avait contacté le New York Post pour évoquer cette chanson...Et George, en un tournemain, était devenu anti-Bush et pro-Al Quaïda, ce qui, compte tenu que George parlait en direct sur CNN pouvait devenir gênant...

-Vous ne mettez pas en cause la politique américaine, monsieur Michael, mais dans votre clip, Tony Blair partage la couche de George Bush et vous même, en robe du soir ou petite tenue, leur tenez la chandelle. Je ne suis pas sûr qu'un clip américain aussi caricatural sur la politique anglaise vous plairait beaucoup...Et quant au vôtre, beaucoup d'Américains le prendront pour une gifle que vous administrez à leur pays...

La conversation devenait délicate et George dut réitérer son objectif de non ingérence. Il respectait l'Amérique, pays qui l'avait aimé et acclamé au début de sa carrière solo. Puis, continuant sur un registre personnel, il mentionna son compagnon américain :

-Je dirais que j'ai été amoureux cinq fois dans ma vie. Et à trois reprises, c'était un Américain ! Actuellement, j'ai une relation qui dure depuis six ans avec un homme du Texas. Et ça se passe merveilleusement. Si je déteste les Américains, je suis un glouton pour la punition, car je semble tomber amoureux d'eux tout le temps !

Belle pirouette certes mais qui lui valut à côté d'une évidente admiration, de solides inimitiés.

Pendant les mois qui suivirent, cependant, George ne se calma pas. Lorsque les États-Unis et le Royaume-Uni déclarèrent la guerre à l'Irak de Saddam Hussein, le chanteur se servit de la musique pour proclamer publiquement son désaccord avec la politique occidentale au Moyen-Orient et dénonça les manœuvres militaires en Irak. À la même période, il se produisit sur le plateau de l'émission britannique Top of the Pops pour chanter une reprise de The Grave de Don McLean, qui évoquait le départ de jeunes Marines à la guerre.En 2003, cette version de George Michael fut enregistrée pour l'album Hope, édité par l'ONG anglaise War Child, afin de venir en aide aux victimes de la guerre en Irak. Contrarié, Murdoch s'en donna à cœur joie, ses journaux fustigeant violemment les prises de position du chanteur et s'en prenant à sa vie privée pour le traîner dans la boue.

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Monsieur Michael semble se persuader chaque jour davantage qu'il détient la vérité. N'a t'il pas conscience qu'il n'est pas un oracle ? Musicien émérite, chanteur exquis, compositeur surdoué, George Michael ne devrait pas faire confiance à son ego : il est surdimensionné et lui fait commettre de graves erreurs. Depuis quand est-il spécialiste de politique étrangère ? Depuis quand lui est-il simple de parler des États-Unis ? Quand on a des vues aussi courtes, on se tait.

Mais George, courroucé, refusait de courber l'échine. J'ai toujours pensé que Murdoch était dangereux, déclarerait-il longtemps après les retombées de sa chanson sur Bush et Tony Blair.