SCANDALES GM

 

Les prises de postion de George en font une cible pour la presse à scandale.

Dans l’univers très concurrentiel de la presse de caniveau britannique, le tabloïd ne recule devant rien pour assouvir les plus bas instincts de ses lecteurs. Pour ma part, j'ai été non seulement traqué par des photographes sans scrupule mais espionné. On a dérobé du courrier qui m'était adressé et mis sur écoute téléphonique ! On pourrait croire que c'est juste pour que les lecteurs de ce type de magazines se tapent sur le ventre car ce jour là vous aviez bu ou paraissiez avoir un gros ventre mais ça va bien plus loin ! Je vais vous dire une chose. Après ma chanson controversée Shoot the dog, mon succès musical a commencé à ralentir. Or  Murdoch est bien connu pour sa position républicaine de droite. Avant 2002, j'avais une prise ferme sur les cartes. Tout ce que j'ai fait était un hit radio. Après cet épisode, je n'ai plus eu de coup sûr et je peux vous dire que je sais d'où ça vient...

Sur le moment, ses propos ne parurent pas très sérieux. Être en but à des photographes peu scrupuleux n'était certainement pas agréable mais de là à laisser entendre qu'on s'en prenait à lui bien plus sournoisement... Or, George ne mentait pas. En 2005, un énorme scandale éclata. L'un des fleurons de l'écurie Murdoch, News Of the World, publia un article sur les problèmes de genou du prince William. C'était là une troublante bizarrerie car ces problèmes, bien que réels, étaient tenus secrets. Qui avait éventé ? Quelques mois plus tard, le chroniqueur royal du journal fut reconnu coupable d’avoir piraté les messageries vocales de collaborateurs des héritiers de la couronne et condamné, avec un détective privé qui travaillait pour lui, à de la prison ferme. Les enquêtes qui allaient suivre seraient accablantes. Le magazine The Guardian au Royaume Uni, brillamment secondé par The New York Time en Amérique, estimerait que plusieurs milliers de personnes avaient été visées par ces écoutes téléphoniques : des acteurs célèbres, des chanteurs en vogue mais aussi des dirigeants travaillistes comme l’ancienne ministre de la Culture Tessa Jowell et même l’ex-chef du gouvernement Gordon Brown. Au total, pas moins d’une centaine de messageries vocales auraient été placées sur écoute. Et parmi elles, celle de George Michael. De fait, une ascension politique pouvait fort bien être interrompue ou de moins freinée, des rôles pouvaient aller à d'autres, des chanteurs être systématiquement dénigrés et déconsidérés...Mais en 2017, alors qu'on en serait aux négociations pour savoir à quelle hauteur on devrait indemniser « les victimes », George serait mort...