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Dans les années 2000, George Michael, montre dans ses interviews, qu'il est homme plus raisonnable...

A Thierry Ardisson qui l'avait convié à son émission Tout le Monde en parle, George, beau et plein d'humour répondit sans grande hésitation et avec une conviction qui emporta l'adhésion.

-Avec votre nouvel album, vous vous situez dans un monde très ouvert...

-Oui. En même temps, je mène une vie tranquille, bien plus modeste que ce que vous pouvez imaginer car je protège ma santé mentale. Vous savez beaucoup de compositeurs, de paroliers ou d'interprètes mènent une vie très glamour et vous les trouverez partout dans les pages des magazines...Ils vous expliqueront qu'ils ont les plus belles maisons, les voitures les plus puissantes, les plus beaux conjoints et que leur vie est incroyable si ce n'est qu'ils se sont perdus en route et ne font plus rien. Les mondanités, se montrer...ces choses là, ça ne m'intéresse pas beaucoup...

-Vous préférez rester à l'écart et composer ?

-En effet.J'ai longtemps cru qu'à composer comme je le faisais, je me dessécherais mais avec ce que vous me renvoyez, je constate que ce n'est pas le cas !

-Il me semble que non ! mais qu'en pense vraiment George Michael ?

-Il pense également que non !

Et comme Ardisson le questionnait sur sa vie personnelle, il ajouta :

-J'ai été célèbre très tôt et j'ai du cacher mon identité. D'abord, j'avais un nom grec et très jeune, j'étais mal à l'aise. Ensuite, il y a eu la sexualité et j'ai du me protéger. C'est d'ailleurs bien triste que tant d'hommes et de femmes aient été contraints de faire de même, à savoir dissimuler leur identité sexuelle.

-Vous l'avez fait, donc.

-Oui. le fait d'être homosexuel a longtemps été et reste d'une certaine manière considéré comme une réduction de la personnalité. Je pense qu'en France, la situation est un peu différente mais en Angleterre ! Il m'a fallu composer avec cela d'autant qu'il y avait ce jeune oncle, que je n'ai jamais vu, et qui est mort si tragiquement. Oui, il m'a vraiment fallu composer.

-En Grande Bretagne, il y a quelques figures tout de même !

-Ah je sais, vous allez me dire qu'il y a Boy George, que je connais et aime beaucoup ! Mais il a sa propre histoire...

-David Bowie ?

-Il a surtout parlé de bisexualité.

-Elton John ?

-C'est un catalogue, dites-moi ! Elton a lutté et s'est affirmé, je ne peux dire le contraire. Pour moi, ce qui a été difficile c'est d'arriver à affirmer mon identité et de mener une vie suffisamment calme pour que la musique reste centrale. Et je crois que j'y suis parvenu …

 

AVEC ARDISSON

-Vous créez, vous êtes une star...

-Qui veut que ce qu'elle compose soit accessible. Je souhaite que tous ceux qui souhaitent télécharger mes chansons puissent le faire sans rien payer. Je tiens vraiment à être à leur disposition sur ce plan là...

-Vraiment ?

-Ah oui vraiment !

Avec Ardisson, George fut aussi vrai que possible, ardent, humble et passionné. Ce fut un peu quand Ophrah Winfrey l'interviewa longuement pour son show télévisé. Il passa de la joie la plus lumineuse à une mélancolie poignante offrant parfois un visage pacifié et un beau sourire et à d'autres moments une tristesse pesante. Il est vrai que la grande prêtresse américaine ne le questionnait pas tant sur son dernier opus que sur sa vie compliquée. Évoquant le malheureux incident des toilettes publiques de Beverly Hills, George déclara que ce jour là, il allait au restaurant avec son compagnon  mais qu'il lui avait avoué avoir eu quelques ennuis...

-Il y a eu ce par, cette rencontre, cette arrestation...Le soir même, Nous sommes allés au restaurant et Kenny, après que je lui ai tout raconté, m’a dit: « Bon, George c'est un peu embêtant on ne sait jamais, peut-être que ce ne sera pas dans les journaux ».  Je lui ai répondu “ Kenny chéri, les journalistes seront là quand nous rentrerons à la maison ou quand nous nous réveillerons demain matin. Et ça n'a pas manqué ! Çà a été imparable. Les hélicoptères ont commencé à survoler la maison à deux heures du matin. C’était le chaos.

-Oui, tout a été très médiatique.

-En effet. Vous voulez savoir si je me suis senti mal à l'aise après cette arrestation ? Oui, bien sûr à titre personnel. Mais je l'avais cherché...Comment dire ? J'en avais besoin...

-Vous en aviez besoin ?

-Oui, il fallait que tout soit dit. Mais, ce qui s’est passé après cela, c’est que je suis tombé dans une profonde dépression, liée à ma mère. Tout ce qui s’est passé l’année d'avant était ma manière de fuir sa mort, de m’occuper de moi pour ne plus penser à la souffrance que générait sa disparition...

Oprah Winfrey lui fit remarquer finement: Ah, vous avez fui ! Parce que vous ne vous êtes pas autorisé à avoir de la peine, n'est-ce pas ? Et George acquiesça : oui, il ne s'était pas autorisé à faire ce deuil, il le reconnaissait et s'était aveuglé en pensant l'avoir fait. Elle voulut alors savoir ensuite si le célèbre chanteur avait été inquiet à propos des fans américains.

ARDIGM

-Les Américains vont ont adoré avec Faith, moins quand vous avez évoqué George Bush. Ensuite, il y a eu cette arrestation et sa médiatisation. Avec ce nouvel album, il faut qu'il vous acceptent en tant gay. A votre avis, ils vont le faire ?

George sentait le piège. Cette femme n'avait pas son pareil pour vous faire parler. Il s'en tira par une pirouette :

-Les temps changent et ça ne m’inquiète pas. Il faut aller de l’avant. Et puis quel intérêt de vendre mes disques à des homophobes ?

Elle rit et lui-aussi. Pendant cette émission, il ne cessa cesser de se contrôler et de mesurer l'impact qu'il avait sur le public. Une star qui savait quelles images de lui renvoyer...Et puis, Kenny était là lui-aussi, offrant un gracieux visage lisse et rieur, parfait contrepoint dans cette entreprise de justification. C'était adroit, bien trouvé et prouvait que George, adroitement secondé par son compagnon, avait une excellente ligne de défense. Et un talent immense.