BELLE MAISON GM

Des documentaires sont tournés.George Michael est soucieux de donner de lui une image d'homme heureux et assagi et de montrer ses belles demeures...Cette façon de faire ne laisse pas ses observateurs de marbre. L'homme est complexe...

Et puis, il se présentait dans le cadre de vie qu'il privilégiait. Depuis 2001, il préférait sa nouvelle propriété de Goring on Thame à sa superbe demeure de Highgate. Alors, en montrer la luxueuse beauté.... Loin de mépriser ceux qui avaient peu d'argent, George savait que parmi eux, beaucoup d'âmes simples adoraient en savoir plus sur les Riches surtout s'ils étaient bien de leur personne, plutôt intelligent et accessible car généreux et plein d'humour... Et plus encore s'ils avaient une voix merveilleuse...Le show d'Ophrah Winfrey incluait une visite virtuelle du nouveau lieu de vie du chanteur. En faisant mine d'accueillir la présentatrice, porte grande ouverte et sourire avenant, George expliquait que sa propriété se situait à une heure de Londres. C’était une maison du seizième siècle qu'il avait achetée trois ans auparavant. Il ne la trouvait pas exactement spacieuse mais c'était sa jolie maison. Il y avait des plafonds bas parce que les gens étaient vraiment petits à l'époque. Même s'il avait eu des modifications, il avait gardé les poutres d’origine. Loin d'être aussi “petite” qu'il voulait bien le dire, la maison était vaste, ombreuse et très élégante et elle offrait toutes les commodités. Je vous ai dit l'avoir achetée pour les jardins qui l’entourent. Ce sont les plus beaux jardins que j'aie jamais vus. J'adore les jardins ! Et puis, nous sommes juste sur la Tamise ici. J’ai toujours voulu habiter sur la rivière. Le jardin actuel est adossé à une église saxonne du 10eme siècle. J’ai toujours adoré l’idée de vivre à côté d’une église. Et je dois vous raconter une anecdote. J’habite la porte à côté de la baronne Buscombe qui est un membre de la Maison des Lords. Elle a apparemment pensé que j’allais faire beaucoup de fêtes très rock and roll ici. Elle a planté tous ces arbres. Ils détruiront la moitié du jardin en grandissant. Je suppose que c’est sa prérogative ! Il poursuivait en montrant la piscine et ses alentours: Super de sortir à 10h du matin. S’asseoir ici avec toutes les portes ouvertes. C’est fabuleux. Tout était à l'avenant : les livres rares dans la bibliothèque, les meubles anciens, les objets d'art. Il y avait des fleurs dans les vases, des bougies allumées et, à l'extérieur, deux grands chiens avec lesquels Kenny et George jouaient inlassablement. Car, bien sûr, George adorait les chiens...J'avais quatre maisons, mais je n'en ai plus que deux. J'ai vendu ma propriété californienne et celle qui se situe en Australie et pour ce qui est de la Côte d'azur, ça fait longtemps. En Amérique, je vais chez Kenny à Dallas et pour le reste, j'ai mes maisons anglaises...

Oui, il les avait et à sa mort, en 2016, il les aurait encore. Il mourrait à Goring on Thame dans cette maison au plafond bas qui lui avait semblé d'abord si enchanteresse au milieu de ses jardins savemment travaillés et qui, en saison, donnait tant de roses...Une façon d'écrire sa légende, cette interview, plus encore que celle accordée au Français Thierry Ardisson...

BEAU GM

Et il continuerait en 2004 avec un film sur sa vie intitulé George Michael : mon histoire. L'idée était la suivante : attendez, bien des choses ont été écrites et encore plus ont été dites sur moi, George Michael. Cependant, vous ne savez pas quel regard je porte sur ce jeune garçon de la banlieue du Hertfordshire qui voulait tellement devenir quelqu'un, ni quelle complicité je garde avec Andrew Ridgeley ! Et vous n'avez pas idée du bonheur que j'éprouve à vous montrer la maison de mes jeunes années, l'école...bref tous ces endroits où je savais que je deviendrais quelqu'un...George, qui avait bien sûr produit le film, y avait convié Elton John, Boy Georges, Maria Carey, Sting, quelques musiciens qui l'avaient accompagné en tournée et bien sûr, en plus d'Andrew, le lointain David Mortimer rebaptisé depuis longtemps David Austin et qui était son manager. Un portrait sans concession, plein d'humour que le chanteur nous livre sur sa carrière, sa vie privée, et le star-system en général...suggérait la bande annonce mais les spectateurs ne furent pas tous enthousiasmés. Ceux qui suivaient George depuis le début adorèrent tout en se rendant à l'évidence: vingt-cinq années s'étaient écoulées depuis leurs premiers éblouissements et ils en avaient pour leur argent: l'artiste caméléon était toujours aussi magnifique ! Ceux qui le connaissaient mal et étaient plus jeunes furent par contre surpris. Une voix hors de commun et un vrai auteur et compositeur mais quelqu'un qui appartenait déjà au passé alors qu'il criait Je suis là ! Les nouveaux talents ne manquaient pas et eux, qui n'étaient plus de sa génération, les appréciaient. Et ce beau chanteur très apprêté qui se retournait sur son passé avec des émotions très étudiées.Un jeune spectateur devait déclarer :

J'aime beaucoup la façon dont Elton John parle de lui avec des vérités car ce qu'il a dit c'est ce que je ressens aussi de lui, voila, ce reportage est un cadeau pour ses fans, parce que j'ai appris encore un peu plus sur cet artiste sensible et généreux, qui aura vécu des drames et des douleurs dans se vie ce qui nous prouve que les stars sont des gens comme les autres. Il est vrai que je trouve que par moment, qu'il a un sacré égo, mais pour faire ce genre de métier, il en faut un, et du courage aussi, car être harcelé par le presse constamment cela ne doit pas être drôle, mais quand on a choisi la gloire, on prend les inconvénients qui vont avec...

Mais un autre, plus sec, déclara:C'est illusoire et c'est transcendant comme vie, et ça accroche le spectateur qui lui vit une vie bien ordinaire. Mais c'est un peu ennuyeux aussi car ce n'est pas un film, juste une valorisation !

Et un troisième faisait remarquer que l'artiste avait franchement pris son temps pour se déclarer gay : pas facile, pas facile, oui cette époque-là, je veux bien comprendre mais il y a d'autres artistes qui le disaient. Lui, il voulait de l'audience ...Je peux piger mais ma génération n'est pas la sienne. Je trouve bizarre...

Alors que fallait-retenir?Peut-être ce regard que portait George sur la modeste maison où ils avaient vécu à cinq, dans une banlieue un peu triste? Ou encore cette façon dont il évoquait ses premiers jours à l'école avec David Austin, sa voix se mettant à vibrer? Ou encore cette façon dont, en studio, il enregistrait Round here...cette émotion, ces souvenirs qui lui sautaient au visage, son père si affairé, l'intense fatigue de la mère et ses colères si violents, parfois et puis les rires et les rites familiaux...