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Il y a longtemps, en Californie, un jeune touriste a aidé George à passer un cap difficile. Il l'a surnomm" "Le garçon au chien". Le revoilà dans le sillage de la star et celle-ci, bien sûr, veut le séduire...

Sûr de lui et désirable. Très. George, subjugué comme il l'était, continuait son entreprise de séduction.

-Quand j'étais jeune et que personne ne savait qui j'étais, je me disais qu'un jour j'aurais parcouru quasiment toute la terre et que mes chansons y auraient résonné. Je n'avais alors aucune idée du répertoire que j'aurais mais c'était une certitude pour moi, pas un vague espoir. Pareil ?

Erik déclina. Une comparaison ? La compétition ?

-Je suis un danseur. Ça m'a toujours défini.

Puis, il se leva.

-Tu connais Munich ?

-Ce qu'on a bien voulu me montrer...

-C'est si compliqué de marcher, George ? Il y a une très belle architecture ici et de grands musées...Tu peux y revenir avec ton compagnon ! Il y a des trésors, ici.

De dos, le jeune homme offrait une silhouette à la fois émouvante et excitante.

George s'approcha et se plaça derrière lui.

-Tu m'as consolé, tu te souviens ?

-En 1998 ? Oui...Tu avais l'air d'être à côté de toi-même, à la fois en colère et fragile.

-Et c'est pour ça qu'on a d'abord pris le café dans la maison de plage...et plus ensuite, enfin, tu sais bien

-Je sais, oui, bien sûr. J'étais attiré et, à cette époque là, je ne me posais pas beaucoup de questions. Et puis, c'était la Californie, les vacances...Le premier jour, je ne t'ai même pas reconnu et ensuite je n'ai pas réussi à faire coller les deux morceaux : le chanteur très connu et l'homme bizarrement désemparé que j'avais devant moi...

-Tu es toujours dans cette situation ?

-Comment ça ?

Erik s'était retourné.Leurs regards se croisaient mais dans celui du danseur, George ne voyait pas de vulnérabilité mais de l'attention et de l'empathie.

-Tu veux dire, surpris et...attiré...

-Oui, c'est ça.

-Eh bien...

-Tu ne comprends pas ?

Erik ne put s'empêcher de sourire.

-Difficile de répondre à une demande aussi directe.

-Ah ? Attiré, moi, je le suis. J'ai une vie très exposée, c'est vrai, une image publique que j'ai appris à gérer mais il ne faut pas se fier à toutes ces photos, à tous ces gens ...Ce que tu m'as dit m'a touché. Ton compagnon...

Erik se retourna et lui dit.

-Ne fais pas d'amalgame. Je te l'avais dit, je n'étais pas sûr. Je me suis marié et j'ai un enfant. Une petite fille.

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Après quoi, tout devenait difficile. Au fond et secrètement,George espérait pouvoir placer cet Erik dans le même espace où jadis il avait situé l'exotique et lumineux Anselmo. Il gardait l'espoir de pouvoir établir un lien entre l'un et l'autre mais cette déclaration qui établissait une distance ferme, il y avait de quoi hésiter.

-Ah !

-Oui « ah ». Écoute, c'est vrai, la mort de Dan a été difficile à supporter mais je n'étais pas sûr de mon orientation, bien moins que lui en fait, et ça aurait posé problème.Je n'ai pas dit que Dan était une erreur mais au quotidien, j'ai découvert que la compagnie d'une femme m'est essentielle. J'ai rencontré une actrice de théâtre et il y a deux ans, je me suis marié avec elle. On a une petite fille qui a un an. Je ne changerais rien à cela. Ma femme s'appelle Mathilde et ma fille Asta. On s'entend bien, on est assez complémentaires.

-Oh !

Cette fois, George reculait. Il avait escompté bien autre chose. Toutefois, il ironisa.

-Je ne comprends pas. Cette fois, c'est moi.

Cette simple remarque atteignit son but. Erik éclata de rire.

-Vraiment ?

-Oui.

Il en profita pour l'attirer à lui mais le danseur, hésitant, se rétracta. Finalement, il partit. Restait une chance, une seule. Dans la nuit, George l'appela.

-C'est impossible à accepter, ta distance, sous cette forme.Viens. Tu peux venir à n'importe quelle heure.