en grece

Heureux d'être en tournée après de longues années de repli, George Michael est surtout content de se produire en Grèce et d'aller à Chypres, là où sont les racines famliales.

Mais la tournée se poursuivait. C'était un grand succès. Et il était content car elle incluait une étape en Grèce. A Kenny qui le rejoignit pour ses concerts en Italie puis à Belfast où il chantait aussi, il dit son bonheur. Cette terre, si chère à son cœur et ce peuple qui l'attendait...En juillet 2007, ce fut assez détendu qu'il prit l'avion. Il chanterait dans un stade olympique. Il avait, un temps, perdu contact avec le gigantisme de ces espaces mais les avoir retrouvés lui plaisait. Comme il l'avait déclaré à un quotidien belge plusieurs années auparavant, il adorait les deux heures de la journée passées sur scène. Moins la vie qui allait avec. J'ai du mal à l'expliquer, avait-il dit, il faut vivre cette pression pour la comprendre. Même Kenny, qui m'apporte un soutien et une affection totale, ne peut comprendre à quel point, en tournée, une partie de vous se retrouve isolée. Avec Andrew, dans Wham !, c'était beaucoup plus facile car il partageait ce que je ressentais. George avait bien envisagé que cette tournée soit la dernière fois mais pas qu'elle lui paraisse interminable.

J'aimerais vraiment faire cette tournée uniquement pour voir mon public une dernière fois, avant que de me retirer. Ça dépendra de ce qui se passera dans les mois à venir et si je suis assez stable...

Il l'était assez ce soir là pour entrer en scène avec le drapeau de la Grèce et recevoir une ovation, chanter ces chansons anciennes et récentes assemblées avec un savant dosage de nostalgie et de beauté, transmettre son amour à tous ces Grecs venus là et les inciter à être fiers. Il était vrai, dans ces instants là, alors qu'il avait salué le public en grec,avouant pleinement ses racines et s’émerveillant de tous ces visages méditerranéens tournés vers lui. Mais comme souvent, il mêlait sa légende à sa vérité. A un journaliste grec qui interviewait et évoquait les transformations de son style vestimentaire, il déclara :

En ce moment, je ne suis plus obsédé par mon look, je ne tiens plus à ressembler à tout prix à une pop star cool. Il est vrai que j'ai été très naïf sur le niveau d'intérêt sexuel que j'ai pu susciter. J'aimais bien m'habiller sans imaginer les conséquences. On m'a pris quasiment pour un dieu à un moment donné. Comme vous le voyez, je suis plus sobre.

Le journaliste ne releva pas ce que George disait de sa naïveté...Ce que l'artiste avait à dire sur son évolution musicale l'intéressait davantage et sur ce sujet, il fut précis :

En tant qu'artiste, je pense que l'ingrédient essentiel de la pop que je défends est la beauté et la vérité. Être un auteur et un chanteur, c'est exprimer le besoin de partager. À tous les niveaux. Plus vous pouvez partager sans vous faire du mal, plus proche vous pouvez être de la perfection musicale. Les gens n'ont pas envie de recevoir des messages politiques ou moraux dans des chansons mais ils ont besoin de musique. Vous devez alors, avec la mélodie et le son, être très accrocheur. Ceux qui vous écoutent ne feront peut-être pas attention au message mais écouteront de toute façon la chanson. C'est le but. L'équilibre, pour moi, doit être représentatif de l'ensemble de ma carrière.

EN KKKK

On ne pouvait être plus clair ni plus intègre. Le journaliste parut satisfait et l'interview fut très lue. George, tel qu'en lui-même, apparaissait, en marge de l'industrie musicale, comme un puriste et un chercheur de vérité, assumant en même temps être commercial...Et il était incroyablement vivant sur scène, contrôlant tout mais paraissant spontané, sa voix changeant de registre avec adresse et les textes de ses chansons s'envolant vers le ciel. En tout cas, ce soir là particulièrement car il renouait avec l'univers de son père. Du reste, dès le lendemain, il se rendit à Chypre. Son père venait d'un tout petit village. Il tint à le voir. Le chanteur savait depuis longtemps combien depuis longtemps sa trajectoire était appréciée par les Grecs et les Chypriotes. Ce qu'il reflétait plus que tout, c'était ce modèle de migration et de réussite tant envié par ceux qui étaient restés. Il allait fallu fournir un travail acharné. Issu d'un père chypriote du petit village de Patriki en Karpasie et d'une mère ouvrière anglaise qui avait voulu être danseuse, George avait sauté deux générations en termes de mobilité sociale. Telle était à certains égards l'éthique de travail dominante des Chypriotes britanniques : émigrer, travailler dur et passer à autre chose. Cela avait beaucoup de sens pour les Chypriotes émigrés quand ils pensaient que leurs pères et mères étaient venus de villages sans électricité dans les années cinquante et soixante où on travaillait souvent à partir de l'âge de quatorze ans...