ELTON ET G 2

Elton John, que la léthargie de son ami George Michael étonne, tente de parler à celui-ci. POurquoi ne changerait-il pas? Rien n'est définitif...

-Choisis de vivre George ! Et assume tes choix.

-Tu parles de ma vie affective et de ma sexualité, là ?

-Oui.

-Et je n'assume pas ?

-Tu as honte d'être gay.

-Quoi !

-Tu as honte d'être gay. Oui, je sais, il y a ce que dit aux journalistes, l'argent que tu donnes aux mouvements LGTB, le fait que tu te montres dans une Gay Pride ! Mais ça, c'est la devanture.

-Tu n'as pas le droit de me dire ça ! C'est totalement faux...Et puis, toi, tu t'es bien marié au début !

-C'est exact mais j'ai divorcé. Je me mentais. Mais dis-moi, tu t'aimes vraiment en homme gay ?

-Mais enfin, tu as perdu ton sens commun !

-Et la réponse va être oui car il y cet Apollon qui attend pour te rejoindre dans ta chambre quand je serai parti. Je sais que tu vas te fâcher, ne plus me prendre au téléphone et penser que je suis un con mais je te dis la vérité. Ce n'est pas le fait d'avoir parlé à ta famille, d'avoir chanté ton amour perdu, d'avoir aimé cet Américain et de tenter de prendre fait et cause que je mets en cause, c'est ce désamour que tu as de toi...

-Alors là, c'est la meilleure. Tu m'indisposes, là !

Au fond, Elton, qui avait connu George jeune et fringant, reconnaissait sa hardiesse. Ce devait être une sorte de jalousie. Quand on a la beauté ! Et puis, il le voyait s'épuiser et s'inquiétait beaucoup de sa toxicomanie.

-Bon, d'accord, d'accord, je fais erreur. Je m'inquiète pour toi. Je n'aimerais pas qu'on me dise que tu es mort, voilà tout. Et n'essaie pas de me dire que tu n'es pas effrayé par moments. Tu es une force de la nature dans ton genre mais il n'est pas de colosse qui n'ait les pieds d'argile...

-Très joli. Je ne suis évidemment pas d'accord avec ce que tu dis. Je me suis affirmé pour ce que j'étais d'une manière qui a pu surprendre, cela je te l'accorde. J'avais besoin de payer le prix et je l'ai fait. Chacun ses manières de se confronter à soi-même et de découvrir qui il est Ce qui me choque, je vais te dire, c'est que ceci n'est pas un entretien privé. Pipelette comme tu es, tu vas bien aller dire tout ça à des journalistes !

-Ah ! On va se dire des sottises, là.

-Oui, je pense.  Tu fais partie de ces gens qui me disent de faire attention,  mais au bout du compte, tu ne regardes pas qui je suis. Tout ce que j'essaie de faire, c'est d'être honnête. J'ai atteint un très bon point d'acceptation de moi-même. Je n'ai aucune honte à propos de ma sexualité même si je ne la vis pas comme toi. Et pour conclure, Apollon s'impatiente et je suis aussi très désireux de le rejoindre. Aussi, vais-je te demander de partir...

-Malgré tout...

-Malgré tout quoi encore ?

-Ton dernier compagnon...George, il ne fait rien de spécial...

-Il est coiffeur et photographe .

-Oui, bon, d'accord. Enfin, nous nous comprenons...Plutôt libre de son temps à ce que je comprends...

-Et ?

-Et s'il ne travaille pas vraiment, il dépend de toi.

-Oh que c'est mal !

-Mais en effet, George, peut être que pour lui c'est idéal. Actuellement, tout est bien mais ensuite...

Ils se regardèrent. Elton fit un signe de tête en guise d’au revoir et s'éclipsa. Il avait ses lubies et sur un certain nombre de points, il avait tort...mais pas sur tous...

George ne dit rien à Fadi de cet entretien et ce dernier eut l'habileté de ne rien demander. De toute façon, côtoyer George, c'était apprendre à repérer assez vite les vrais alliés et les faux-jetons. Aucun doute, laid et maniéré comme il était, ce chanteur pour grand-mères était dans la seconde catégorie...