Tournee Symphonica

2. Symphonica. Sur les chapeaux de roues...

Je trouve que cette tournée démarre très fort bien que je remarque tout de même qu'elle me fatigue beaucoup. On me pose toutes sortes de questions bien sûr et on m'interroge sur ce que je ferai ensuite. Curieuse relation que les journalistes ont à moins et là, je ne parle pas des paparazzis...Je sens du respect et de l'admiration de leur part sans doute parce que je ne donne pas le sentiment de vouloir m'arrêter un jour. Ça les bluffe. Je dis régulièrement que ça y est, c'est fini ? Ah, que voulez-vous :j’aime jouer et je me prends au piège. Ma dernière tournée, après dix-sept ans sans avoir joué en public, devait durer trois mois, elle s’est prolongée trois ans. J'ai pris un réel plaisir à la faire. Ce n’est plus comme au temps du succès de “Faith”, j’arrivais dans des salles qui me connaissaient depuis vingt-cinq ans. Là, j’ai été stupéfait et heureux. De la même façon, je compte donner à Symphonica, des accents particuliers. Je ne suis pas un comique de stand-up mais je parle entre les morceaux, je donne ma version des chansons, mon humeur, je dialogue davantage avec le public et je rends l’atmosphère particulière …

 Oui, c'était cela, les journalistes se montraient déférents. Ils voulaient connaître mes projets et j'en avais ! La prochaine fois, je ferai un album dance ! Ce sera très gay. Je suis sorti du placard depuis seize ans. Avant ce coming out, les gens pensaient que je me cachais, pourtant, quand je sortais au restaurant avec mon premier compagnon, Anselmo, c’était évident. Très vite, j’ai présenté Anselmo à Tommy Mottola, le patron de ma maison de disques, Sony. J’étais naïf, car présenter l’amour de ma vie à un des plus grands homophobes que je connaisse, c’était une bombe à retardement. Une fois que vous êtes “out”, vous êtes considéré comme un artiste gay. Mais aujourd’hui il est temps de parler de ma vie. Je l’ai toujours fait, mais sous ­l’angle de mes relations, “Fast Love” notamment. Je souhaite évoquer tous les stéréotypes liés aux gays. Beaucoup seront choqués, n’aimeront pas. L’activisme n’est plus du tout sexy, beaucoup préfèrent consommer, danser et faire la fête. Nous sommes devenus apolitiques… Bon, il y aura du sexe et de l’humour, et j’espère que ceux qui ne veulent pas écouter de chansons à propos de bondage danseront quand même.

Et ils m'interrogent aussi sur mes regrets. C'était là un sujet intéressant car j'ai été une icône de la mode et le reste. Mon influence a été forte et durable, mais j'ai commis des impairs...Si j'étais confronté au George que j'étais hier, que lui dirais-je ? Eh bien, ça ressemblerait à quelque chose comme ça : Débarrasse-toi de ton sèche-cheveux et ne te vends pas comme un objet sexuel. Si je n’avais pas joué sur cette image d’homme sexy, j’aurais été bien plus heureux. Je ne ­savais pas comment agir en tant qu’homosexuel que des milliers de femmes trouvaient attirant… C’est très flatteur, mais cela a causé des tonnes de problèmes, notamment avec les tabloïds. Citez-moi un autre gay dont la presse adore ­décortiquer la vie sexuelle. Est-ce qu'il avait une vision positive de son futur ? Ah oui, absolument...

 

 Évidemment que ma vision du futur est joyeuse. Mon passage par Copenhague approche. Je m'y produis trois soirs de suite mais y resterai une journée supplémentaire. Ils iront tous à Berlin avant moi. Dans leur tête, il y a mille questions et deux mille suppositions mais je ne dis rien.

 Fadi au téléphone : Je ne voulais pas qu'il s'installe à Goring on Thames mais je l'ai tout de même logé à Highgate. Il dit que Mélanie s'est fâchée en le trouvant là et que ce n'était pas de sa faute s'il n'avait qu'une serviette autour des reins quand il a commencé à parler avec elle.

Bordel mais qu'est-ce qu'elle crie ! Si je suis gentil avec elle ? Mais, oui. De toute façon, elle passe plusieurs nuits là ! Elle hurle que je n'ai rien à faire dans les lieux et elle s'y installe, elle ! Car remarque que ce n'est pas chez elle non plus ! Chaque fois qu'elle me voit, elle m'engueule. Monsieur Fawaz, êtes-vous chez vous ? Non ! Pourquoi ne pas payer un loyer ailleurs ? Vous êtes ici de manière illégale et patati et patata...Tu lui diras qu'on s'est arrangé quand même à ta frangine...Quoi, merde, tu me l'as dit ou pas que je pouvais rester là ? Cette Melanie, franchement... Et je te signale que je ne la traite pas de pouffiasse ! Ce n'est pourtant pas l'envie qui m'en manque...Si je vois du monde, ben à ton avis ? Oui, je sors et je vois mes potes libanais, ça me fait des vacances ! J'ai aussi eu droit à ton autre sœur au téléphone. Une porte de prison...Tu as un fixe, non ? Ben, elle a appelé. J'ai décroché car ça pouvait être important. Et elle aussi elle m'en remet une couche sur le fait que je suis un parasite ! Il y a juste ton père qui ne se mêle de rien. Dis donc au milieu de ses chevaux, il doit être soulagé de ne plus les entendre ces deux harpies, là....

Après quoi, il chante en arabe, raconte des blagues et éclate de rire. J'ai été obligé d'être sec avec mes deux sœurs. Elles ont compris. En septembre, Fadi me rejoindra en Italie et nous serons heureux d'être ensemble.