vienna GM

2o novembre. Arrivée à Vienne dans la journée. A l'hôtel, on me signale qu'un grand bouquet de lys blancs est en attente. Expéditeur : Erik Peterson. Je suis content et cherche le message qui l'accompagne. Vær selvsikker, George. Sois confiant...Sans savoir pourquoi et alors que ce présent et ce message sont magnifiques, Je me sens soudain triste, presque abattu. J'ai mal voyagé, me sentant faible et le soir même, je suis extrêmement fiévreux. Impossible de dormir. Toux violente et chronique désormais. A l'aube, c'est terrible. Douleur thoracique intense. Sensation que j'ai quinze ans de plus. Veux téléphoner mais perds connaissance et tombe. Plus tard, j'ouvre les yeux. Je suis seul et j'ai froid. Beaucoup de remue-ménage tout d'un coup.

-George ! George !

Fadi panique. Il est livide.

Je ne respire presque plus et je ne vois plus rien. Je suis dans la neige d'un linceul blanc. On l'a fermé. Tout est opaque et insonore et ma vie ne m'appartient plus.

 -Bonjour, monsieur Michael. Vous vous êtes réveillé !

George hocha lentement la tête. L'infirmière blonde était rassurante et un médecin entrait dans la pièce.

-Vous êtes à l'hôpital central de Vienne. Vous êtes restés presque plusieurs jours dans le coma. Content de voir que vous êtes conscient. Comment vous sentez-vous ? Faites un signe de tête...

-Fatigué. J'étais en tournée et...

Il parlait avec ses yeux et son visage...

-Vous avez un pneumonie, monsieur Michael et elle est sévère.

-La tournée...

-Vous la reprendrez à un autre moment. Nous avons du prendre les devants puisque votre équipe doit savoir où elle en est ainsi que tous ceux que vos spectacles concernent. Aussi avons nous envoyé un communiqué à la presse qui dit à peu près ceci : George Michael a attrapé un pneumonie sévère. Son état s'est stabilisé et il répond au traitement. Pour le moment, nous ne pouvons pas estimer le temps jusqu'à ce qu'il puisse rechanter, mais il ne sera pas capable d'assurer le reste de sa tournée.

-Qu'est-ce que...Pourquoi...

Toujours ces interrogations dans le regard...

-Votre état nécessite des soins intensifs, en raison de la sévérité de l'infection à pneumocoques que vous avez contractée. Il va vous falloir être patient. Nous allons vous opérer. Une trachéotomie.

Au fond de son lit, George était sidéré et commençait à sentir des larmes ruisseler sur ses joues. Il avait failli mourir et était sous assistance respiratoire...Le sentant totalement défait, l'infirmière fit front.

SINGING GREEK

-Toute l'équipe de l'hôpital de Vienne fera son possible pour que votre séjour se passe le mieux possible. Nous vous avons attribué une suite habituellement réservée aux hommes d'état gravement malades et nous vous avons doté d'un lit spécial qui favorise la respiration des patients souffrants de pneumonie. Vous êtes au treizième étage. Quand vous irez mieux, vous verrez que la vue est belle.

-Traitement et repos absolu, monsieur Michael, conclut le médecin.

Ils allaient se retirer et George, qui appréciait leur tact, se sentait ambivalent. Il avait besoin de repos mais il était seul et loin des siens. Il aurait bien aimé entendre leurs conciliabules dans le salon attenant à sa chambre mais aurait été gêné s'ils avaient été trop intrusifs...Peu à peu, il s'apaisa. Il se rendait bien compte que son corps, qui ne lui avait jamais fait faux bond,devait se reposer. Si l'on exceptait l'enfance et le passage imposé par un certain types de maux, sa mémoire de la maladie était quasiment intacte. C'est à peine s'il ne souvenait d'une opération bénigne à l'adolescence ! Il se sentait donc trahi par ce fidèle allié qu'était son corps mais il reconnaissait être allé au bout de ses forces et avoir négligé certains avertissements...Puisqu'il respirait mal et craignait que sa voix ne soit altérée, il lui restait le silence et les soins médicaux. Pas de visites, pas de coups de fil dont on lui aurait pu lui faire le compte-rendu...En dehors de lui, on continuait de s'agiter. Ses managers, confrontés à sa brutale défection, avaient cherché une solution pour la reprogrammation de ses concerts annulés puisqu'il était de bon ton d'affirmer qu'il les assurerait plus tard. Les détenteurs de billets qui pouvaient conserver leurs tickets devaient soupirer d'aise. Mais il était loin de tout cela et de toute façon, son opération ne saurait tarder.