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George Michael a du interrompre sa tournée Symphonica à cause de graves problèmes de santé qui l'ont conduit aux portes de la mort. En convalescence à Londres, il revoit Erik, le beau chorégraphe qui l'a attiré des années auparavant. Tout en étant attentif, celui-ci ne le rassure pas. George a fait une expérience de mort imminente, il est donc en chemin...

Comme pour le piquer au vif malgré tout, il lui parla brièvement de Fadi et de ce qui les opposait.

-Il est différent de toi. Un corps plus massif. Une faconde orientale irrésistible. Ta beauté est réelle mais plus hautaine. Ton côté scandinave et fils de famille...

-Il est prêt de toi. C'est bien. Je ne suis pas jaloux, George. Je comprends...

-Toi, tu comprends toujours, hein, même si tu affirmes le contraire !

Erik resta calme malgré l'attaque. Il n'était pas venu pour se quereller mais pour écouter et consoler...

-Tu as été très atteint. Ces accidents, ces condamnations puis la maladie...

Il fallait donc parler de sa santé...

-Je suis content de voir mes cicatrices guérir car j'ai eu peur de toujours ressembler à un personnage de film d'horreur, tu sais...

-En général, elles s'estompent.

-Je récupère bien plus vite que la moyenne et j'en suis très heureux mais en même temps je me demande si j'ai bien fait...

-A quel sujet ?

-J'ai vu une lumière blanche...

-Comment ça ?

-J'étais allongé et il me semblait que j'avais le choix. Mon corps me paraissait soudain pesant et je la voyais cette lumière...Elle était d'une clarté indicible...J'allais vers elle...

Erik eut une exclamation :

-Tu as fait une expérience de mort imminente !

-Oui.

Et il la lui raconta. Ils avaient choisi la bibliothèque pour parler, une pièce que George aimait beaucoup. Assis dans des fauteuils pourpres, ils se faisaient face...

-J'ai pensé qu'il t'arriverait quelque chose de ce genre et que tu devrais choisir. Les fleurs, à Vienne, c'était pour ça.

-Valides pour la vie comme pour la mort ?

Erik fit un geste évasif de la main.

-Non, non, tu n'allais pas mourir mais tu t'approcherais d'un univers différent...

-Tu savais que je resterais en vie...

Le chorégraphe fit oui de la tête.

-Je suis resté sur terre. C'est donc le signe que j'ai une mission à remplir.

-Oui, c'est exact.

-Bon, alors, je vais te dire ce qui m'importe : ce que je veux, c'est rester une figure emblématique du paysage musical mondial. Je veux qu'on continue d'admirer ma carrière solo unique et impressionnante, emplie d’émotion et de joie de vivre. Je veux de nouveau remplir des stades dans le monde entier grâce à mon incomparable voix et à ma musique que le public continue de plébisciter.

Son interlocuteur avait l'air très perplexe.

-Quel est l'obstacle ? Je suis en meilleure santé tout de même !

-Tu composes ?

-Eh bien, oui !

Mais à quoi servait de mentir, surtout face à un être aussi sagace...

-En fait non. Une invraisemblable sécheresse. Elle me terrifie, tu sais...Je suis resté parfois assez longtemps sans composer mais je vois que cette fois-ci c'est plus compliqué...Et il y a ma voix aussi. J'ai peur ...Je pourrais la perdre...

-La lumière blanche …

-Quoi ?

-Tu as été tenté de rester. Ça rend nostalgique, pas forcément créatif...

George parut abasourdi. La nostalgie, les médecins à Vienne l'avaient évoquée. Et c'est vrai, elle menaçait de l'envahir par moments...

-Tu penses que je regrette beaucoup...Je vais vouloir revivre cette expérience. C'est cela ? Mais qui m'a fichu un devin pareil ? Tu as des pouvoirs paranormaux ou quoi ? Personne ne me dit ça dans mon entourage. Personne...

RENE SOLER

Erik temporisa.

-Tu veux reprendre ta tournée et beaucoup ont intérêt à ce que tu le fasses...Symphonica est une nouvelle étape dans ta vie de chanteur mais aussi une expérience magique que tu veux continuer à vivre avec ton public. Tu en rêves, ils en rêvent...

-Ce sera très bien.

-D'accord.

Le chorégraphe n'y croyait pas, c'était perceptible mais il se retenait de le dire.

Il n'en demeure pas moins que ma vie comme ma carrière peuvent de nouveau basculer. Si je me retrouve aussi démuni, si l'épuisement guette, les portes de l'autre monde s'ouvriront pour moi ; cette fois, il n'y aura pas de retour.

-Mais toi, tu crois plutôt que...ça n'ira pas, n'est-ce pas ?