melancolie

A Goring on Thames, George Michael s'enferme beaucoup. Le compagnon des derniers temps, Fadi, tente d'endiguer une mélancolie incommensurable et un recours constant aux paradis artificiels...

Il allait s'enfermer, composer, tout détruire, reprendre des chansons inédites puis soupirer, se morfondre. Et plus tard, il fumerait. La pipe en verre, les petites bouteilles et il serait différent, complètement. Il fallait le prendre quand il allait un peu mieux.

-Oh, George ! Tu sais ce que j'ai lu ? Je ne me suis jamais excusé et je ne m'excuserai jamais pour ma vie sexuelle. L'amour gay est naturel, la sexualité gay est géniale. Pas tout le monde ne prend la peine de s'affirmer ainsi...

-Tu es gentil

-Merci et ce n'est pas tout. J'ai connu bien plus d'amour, de succès et de sécurité dans ma vie que ce que j'aurais pu rêver. Donc, vraiment, je n'ai absolument pas besoin de l'approbation d'un public. D'autant que ce public et là, c'est moi qui ajoute, ce sont les lecteurs de merde de ces magazines de merde ...

-Bon, il y en quand même un autre...

-Oui, George.

-Ceci dit, tu sais, j'aurais aimé faire mon coming out quand j'avais dix-neuf ans. Je ne pense pas que j'aurais eu la même carrière, mon ego n'aurait pas été comblé dans certains domaines, mais je pense que j'aurais été un homme plus heureux.  Tu me crois ?

Un leitmotiv ça. A chaque foi, il fallait répondre à peu près pareil.

-Je crois que tu es sincère quand tu dis ça mais tu rêves. On t'aurait brimé et tu le sais. Comme tu as fait, c'était mieux...

-C'était tardif.

-Oui mais mieux ! Si, je t'assure...

Et peur, toujours, peur qu'on le laisse.

-Kenny n'a plus laissé de message depuis un moment...

-Mais non, ça fait trois jours. C'est toi qui me l'as dit. Il est très régulier dans les nouvelles qu'il te donne...

-Et Erik ?

-Erik, euh...

-Ne fais pas ton benêt.Le chorégraphe.

-Ah ben, hier, il y avait des fleurs. Devine la couleur ? Eh ben blanches. Comme d'habitude. Il prend pas de risque.

-Oui, oui, c'est vrai. Une fois par mois, deux quelquefois...et ces messages aussi. Je ne peux rien dire. Ils sont là.

-Ah ça, pour être là...

-Stop, Fadi, pas de commentaires sur eux.

-Moi-aussi, je suis là.

Tout de même, George parvenait encore à le regarder avec reconnaissance. L'amant libanais ne désarmait pas. Combien l'auraient déjà fait ?

-Dis-moi, je suis bien un drogué dépendant et un boulimique en matière de sexe...

-Et un casse-pied de première qui adore qu'on l'entoure...

-Ah voilà, il me manquait le troisième élément...