homme difficile

4 Veuvages

Phillip Hammer est retourné aux USA et Isée s'ennuie de leur complicité. La trouvant sans expérience, il lui suggère d'avoir des aventures masculines variées et de le prendre pour confident...

Morgane m’invita en Provence. Je disposais de quatre semaines de libre et n’avais rien prévu. Revoir les Baux me ravissait. J’aimais bien cette jeune collègue de travail sans la connaître vraiment bien et son invitation me toucha. Phillip partit début Juillet et Zacharie en fin de mois. J’avais posé des congés en août. C’était parfait. Durant dix jours je déambulais avec elle dans un sud-est bombardé par le soleil puis je rejoignis d’autres amis à Calvi avant d’aller rejoindre mes parents en Normandie. Ils adoraient Cabourg. Éviter de penser est possible : je le fis. Bien sûr, il fallut rentrer. Oh surprise, le tendre Zacharie du Montana n’aimait pas les mails pour dire ce qu’il pensait au plus profond de lui. Il écrivait des lettres ! J’en trouvais plusieurs dans ma boite et les lus avec un étonnement enfantin

«Je suis rentré parce qu’il faut que j’utilise sainement cet argent que j’ai gagné à un jeu de hasard. Paris, c’était magnifique mais j’ai eu une chance énorme. Je veux monter une entreprise de livraison à domicile. J’habite une ville qui n’est pas si grande : ça peut très bien marcher. Quand je te parle de livraison, je vise très large. Je veux pouvoir livrer des denrées alimentaires et du matériel de construction. Je suis jeune, j’ai de l’ambition et j’ai les capitaux ! Tu sais quoi ? Je me forme en gestion et en marketing. Et j’ai déjà des employés potentiels et un comptable ! Ça prend tournure. Toi, ne crois pas que je ne pense pas à toi. Tu peux venir me voir. Tu dois venir !

Voilà ce que la première disait en substance. Les quatre autres étaient du même style mais elles étaient plus tendres. Je lui répondis aussitôt par méls et lettre et je l’appelai, tenant compte du décalage horaire. Il fut bavard. Sa voix me ravit.

Phillip, lui, se fit attendre mais il me contacta. Le cœur battant, je vis s’afficher un message de lui alors que j’avais laissé Skype allumé pour parler à une amie.

-Seule ?

-Bonjour Phillip.

-Bonsoir, plutôt. Il est minuit à New York. Paris ?

-Je viens de rentrer de vacances, oui.

-Au travail ?

-Encore quelques jours.

-Vous voudriez reprendre les histoires ?

-Avec des femmes ?

-A vrai dire, cette fois, ce serait différent. C’est vous qui vous seriez l’héroïne.

-C’est-à-dire ?

-Il faudrait vivre ce qu’ensuite vous iriez me raconter.

Il ne parlait qu’anglais, ce qui m’embrouillait.

-Et je devrais vivre…

-Des aventures tragi-comiques qui ne peuvent que vous grandir.

-Pourquoi « tragi-comiques ».

-C’est en général le goût que laissent les rencontres éphémères. Elles ont donné du plaisir et en même temps ont pu faire souffrir.

-Et j’aurais à me mettre en valeur dans chaque cas ?

-Bien sûr.

Il marqua une pause puis ré attaqua.

-Je sens que vous vous êtes d’accord !

-Je ne sais pas Phillip. De quoi me parlez-vous ?

-Vous auriez des aventures, des hommes de passages, plusieurs, disons quatre ou cinq…Et vous me diriez cela. Vous en feriez des histoires…

-A la première personne ?

-C’est indispensable.