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Lucas et Nicolas, deux enfants, suivent le jeune Stefano dans un périple en Italie dont lui-seul connaît les données...

Ensuite, ils poursuivirent leur descente vers Naples par étapes. Grenoble Naples, c'était un peu plus de onze heures de voiture. Un voyage rapide était tout à fait possible mais n'entrait pas dans la logique du chauffeur et de celui qui le commanditait. Il fallait des pauses nombreuses dans d'autres maisons aussi discrètes que les précédentes. Elles donnaient comme la première l'impression d'héberger une famille qui venait de se volatiliser mais reviendrait dans les lieux dès que les fugitifs seraient repartis. L'une d'elle était bohème, rien n'étant vraiment rangé. L'autre illustrait à l'extrême la manie de l'ordre et du rangement. Enfin la troisième ressemblait à ces demeures d'actrices ou de producteur à la mode, tant le luxe et l'ostentation y étaient présents. Dans chaque cas, les volets restaient fermés, les rideaux tirés sauf dans les pièces qui donnaient sur des jardins fermés, à l'arrière. Tôt le matin, s'ils se désiraient, les enfants pouvaient nager dans de belles piscines entretenues. Ils pouvaient aussi jouer au ping-pong sur la terrasse. Le plus souvent, Lucas était partant et Nicolas, plus fragile, reculait. Qu'à cela ne tienne, tandis qu'il s'installait avec Stefano sur une balancelle, il nageait. Il fallait ensuite rejoindre les pièces de la maison qui leur étaient ouvertes . Toutes ne l'étaient pas. Il n'y avait ni radio ni télévision, ni téléphone portable ni ordinateur mais aucun des deux enfants ne s'en plaignaient. Leur nouvelle identité commençait à leur être chevillée au corps. Si on cherchait dans les Alpes un certain Lucas et un certain Nicolas, il n'en allait pas de même de Jérémie et Hugo. Le premier voyageait avec son cousin. Ils allaient rejoindre leur famille franco italienne à Naples. Le second était convoyé par un ami de la famille. Pour la première fois, il allait rencontrer à Sorrente une parente installée depuis longtemps en Italie. Elle l'avait invitée pour lui montrer la beauté de la Campanie et l'exubérance de la côte méditerranéenne. Il était enthousiaste.

Chaque fois qu'on repartait, on changeait de voiture. D'abord bavards, les enfants s'apaisaient vite. Ils dormaient beaucoup. Au fond, l'idée d'aller vers un lieu nouveau et rassurant n'était pas mauvaise. Le frigo était toujours plein et souvent, il suffisait, si on le souhaitait, de réchauffer des plats déjà préparés. Il y avait là quelque chose de magique et de rassurant puisque rien ne filtrait de l'extérieur.

Quant au fait qu'aucune photo des habitants des lieux n'apparaisse jamais, ni dans un livre ou un album, ni dans un pêle-mêle, ils ne s'en offusquaient pas. Il n'aurait pu en être autrement.