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Dans la villa Ada, Lucas, enfant malade, a eu d'étranges visions. Son guide, Stefano, un italien rieur, le réconforte...

Assis sur un banc près d'une fontaine ombragée, Stefano l'y attendait. Il chantonnait quand Lucas s'assit à côté de lui.

-C'est une chanson à la mode, comme tu les aimes ?

-Non. C'est une mélodie que j'ai inventée.

Il s'agissait d'une litanie aux rythmes entêtants qu'aucune parole n'accompagnait. Elle était mélancolique mais l'enfant l'aima car elle était pleine de douceur.

-Tu as trouvé ça difficile , Lucas?

L'Italien venait de reprendre la parole.

-Oui.Dur à comprendre.

-Tu es fatigué ?

-Non.

-Alors, c'est bien.

Dans l'été bruissant, ils demeurèrent longtemps en silence l'un à côté de l'autre puisque l'autre garçon ne venait pas. Il finit tout de même par sortir de la villa. Il était très pâle, marchait comme un automate et avait des égratignures aux bras. Comme il arrivait près d'eux, Stefano dut se lever précipitamment pour l'empêcher de tomber. Il dut le porter jusqu'à la maison de gardien où il le mit au lit. Nicolas n'avait pas prononcé un mot depuis qu 'il les avait retrouvés. Il s'endormit tout de suite laissant Lucas inquiet. Aux demandes qu'il fit à Stefano sur le pourquoi d'une telle réaction, l'Italien opposa un mutisme irritant. Ils ne quittèrent pas la maisonnette le jour suivant et celui d'après, Lucas erra seul dans le parc de la villa Ada. Il y entendit avec bonheur le chant des oiseaux et le bruit des cigales, caressa de la main les courbes des statues et but l'eau des fontaines en en retenant dans ses mains jointes. C'était un parc enchanteur. Il s'allongea dans l'herbe, à l'ombre et passa beaucoup de temps à observer le ciel à travers les branches des arbres. L'air sentait l'herbe tiède, le pin maritime et le miel. On ne devait pas être très loin de la mer, il le devina et il se mit à rêver d'elle, cette Méditerranée bouillonnante qui se dérobait à sa vue. En rentrant dans la maison de gardien, il interpella Stefano :

-On va encore rester ici ?

-Non. Nicolas est en meilleure forme et peut voyager.

-Tu ne veux pas nous dire où on va ?

-Si. D'abord à Naples puis à Pouzzoles.

-Pourquoi on va là ?

-Parce que.

La conversation était gaie. Lucas aimait taquiner l'Italien. Le dernier soir, tous trois cuisinèrent des spaghettis et de la sauce tomate. Ils rirent beaucoup.

Le lendemain, ils partaient.