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A Naples avec Stefano et Caterina, Lucas va de bonheur en péril. Le mal le traque...

Comme l'homme fouillait dans la poche intérieure de son veston, un Italien sortit pour lever la grille d'une trattoria dans laquelle Lucas s'engagea sans réfléchir. Au même moment, l'homme poussa un cri indigné suivis de nombreux autres. Une meute de chiens s'en était pris à lui. L'un des canins lui mordait les chevilles, l'autre lui attrapait le bras et les autres hurlaient, menaçants. Sous le regard intrigué de l'employé qui préparait sans l'inquiéter la salle du restaurant, Lucas très effrayé se rapprocha de la devanture. Celui qui s'était adressé à lui était en mauvaise posture. Il était au sol désormais et livré aux chiens. Nul n'intervenait car plus personne n'arpentait la rue, fait insolite dans un quartier central de Naples où sans cesse on allait et venait. Se sentant observés, plusieurs des chiens tournèrent la tête vers Lucas. C'était de ces chiens des rues maigres et pelés que certains nourrissent. L'un d'eux cependant était différent. L'enfant le reconnut immédiatement. Cette belle fourrure, ce dynamisme, ces yeux marron doré, c'était Lucky ! Jamais il ne lui avait vu cette hargne. Son cœur se remplit de joie et il fut près à s'approcher de son chien. Il n'en eut pas le temps car la meute se détacha de l'homme martyrisé aussi vite qu'elle s'en était pris à lui. Les chiens disparurent, suivant des chemins différents et, comme par enchantement, la rue se repeupla. De nouveau, il faisait très beau. Stupéfaits par les blessures de cet homme à terre, les passants téléphonaient tout en s’interpellant. Nul ne se soucia de Lucas qui, quittant sa cachette, courut aussi vite que possible chez Signorella. Quand celle-ci le vit, échevelé et presque hagard, elle s'employa à la calmer sans céder elle-même à la panique.

-Il connaissait mon pseudonyme !

-Oui, c'est évident  mais il a été mis hors de nuire.

-Alors, tu vois !

-Mon chien Lucky, celui que j'avais avant, et d'autres bien sûr !

-Tu n'as donc rien à craindre.

-Tu dirais que c'était « Le Plan » ?

-Oui.

-Mais pour Nicholas, ça n'a pas marché. Un autre homme viendra bientôt!

-Pour ce qui est de ton ami, Stefano t'a répondu, je crois. Toi, tu vois juste. Un autre homme viendra certainement mais toi, tu ne seras plus là. Et moi non plus, pour quelques temps...

-Stefano va m'emmener ailleurs ?

-Stefano ne s'occupera plus de toi. Il est en route pour la France. Officiellement, il est garçon de café dans un village savoyard, tu t'en souviens, tout de même !

-Il est parti ? Et son au revoir ?

-Il t'a laissé une lettre.

-Et nous ?

A ce « nous », Caterina sourit avec bienveillance.

-Je t'emmène à Pouzzoles. Tu as une belle visite à faire. Tes aventures continuent.

-Avec toi ?

-Pour le moment.

Elle était si souriante qu'il se laissa pacifier par elle. De plus, le message laissé par le jeune Italien le ravit.

La Bella storia m'attend ! Celle-là ou une autre...Vedi ? J'étais officiellement en vacances en Italie. Ne crois pas qu'on ne se revoie jamais. Il y a peu de chances que tu reviennes en Savoie mais beaucoup pour que nos routes se croisent de nouveau. Souviens-toi des anges sur les tableaux qui ornent la maison de Signorella. Imagine que l'un d'eux ait grandi et qu'il se dévoue sur cette terre aux enfants qui veulent survivre et tu comprendras et partout où il y en a, je suis là. Moi ou mes frères. Alors, arrivederci mon ami !