champs phlégréens

 

A Naples, Lucas est toujours protégé par Stefano et Caterina, deux italiens. Stefano se retire du jeu. Pour le consoler, Caterina l'emmène sur les pentes du Vésuve...

Le lendemain, ils partaient pour Pouzzoles où Lucas s'était déjà rendu car c'est de là qu'il avait pris le bateau pour Ischia et Procida. Il n'en avait cependant vu que les installations portuaires. Cette ville, située en bord de mer, immédiatement à l'ouest de Naples, était déjà connue dans l'Antiquité. En elle-même, elle ne présentait pas un grand intérêt mais ses environs, eux, étaient passionnants car caractérisés par une grande activité volcanique.

Cratère volcanique situé à proximité de la ville , la solfatare était une terre de souffre. On y voyait et y voit toujours un type de fumerolles caractérisées par leurs importants dépôts de soufre. Les Champs Phlégréens comptait une quarantaine de volcans dont la solfatare et chacun offrait des paysages aussi impressionnants que désolés.

Lucas et Caterina déambulèrent dans des zones fantomatiques pleines de fumerolles où la vie humaine se teintait de précarité. Scientifique dans ses vues, l'Italienne était à même de présenter ces lieues pour ce qu'ils étaient à savoir des terres volcaniques sur lesquelles l'Homme exerçait une grande surveillance mais elle choisit un autre biais, celui de la mythologie.

-Ce sont les Grecs qui ont donné un nom à ce lieu. Champs Phlégréens signifie champs ardents.

-Est-ce qu'ils en avaient peur ?

-Bien sûr ! Le contraire eut été étonnant. Imagine-les face à ses fumerolles ...Quant à la Solfatare, Strabon, Virgile et Pline l'ancien l'identifient comme la demeure du dieu Vulcain et la porte des enfers. Il y a Cumes aussi où je pourrais t'emmener. Enée, le héros du poète Virgile, y est descendu aux enfers et a atteint les Champs-Élysées qui en étaient la partie la plus difficile à atteindre.

-Mais ça c'est la mythologie !

-Bien sûr. On a rentabilisé cet endroit autrement que par la littérature, tu as raison. Le souffre et l'alun sont utilisés pour la pharmacopée. On a crée des établissements de soins ici, pas seulement dans l'Antiquité mais au Moyen-âge où les thermes étaient encore en vogue. Et puis encore maintenant, la région est attractive. Les touristes adorent la Bocca grande, la plus grande fumerolles et il y en a que les effluves de souffre intrigue. Les Napolitains, eux, n'aiment pas beaucoup cette zone mais tu le sais maintenant, nous vivons au dessous du volcan. Alors, les fumerolles, les coulées, ça ne nous fait pas rêver !

La promenade fut longue et ardue. Ils avaient pris un guide bavard. Lucas finit par sentir la fatigue et il avait faim. Caterina l'assura qu'au sortir du site, il y avait de quoi se restaurer et que s'il le souhaitait, ils pouvaient même choisir un hôtel avec piscine. Cette proposition le ravit et c'est avec un nouvel élan qu'il suivit le groupe.Quand comprit-il que l'Italienne n'en faisait plus partie, il n'aurait su le dire. Interrogeant l'un et l'autre, il obtint des réponses contradictoires avant d'entendre sa voix qui, de loin, l'appelait. Il courut encore et encore, passant d'un endroit à un autre sans jamais retrouver son amie. Bientôt, il fut seul. Quelques heures passèrent pour lui dans la plus austère des solitudes avant qu'il ne comprenne ce qu'il devait faire. Cette porte des Enfers dont Signorella avait parlé de façon si anecdotique, il devait la trouver car là était sa mission. Là était la suite de son parcours.

Les yeux ruisselants de larmes, il se remit en marche. Les dieux lui furent cléments, le jugeant fatigué et bientôt, il eut la vision de portes dorées qui ouvraient sur un escalier descendant. Nul cerbère n'en gardait l'entrée. Il suffisait de prendre son courage à deux mains et d'entrer. Il le fit.