LA FEMINITE

11. Kohana, les rêves et les contes.

Dans l'île de Wight, Louis tient une une belle auberge avec son épouse Satsuko. Il a retrouvé Noémie "sa première mère" mais reste en recherche. De mauvais rêves agitent la jeune épouse japonaise...

Peu après après que Noémie ait élu domicile dans le périmètre de leur propriété, Satsuko fit des rêves si étranges qu'il lui était souvent difficile de ne pas en sentir les effets négatifs plusieurs jours de suite. Il lui arriva par exemple de rêver de masques. Ceux-ci étaient grands et souvent très couvrants, ne laissant de l'espace que pour les yeux, les narines et la bouche. Elle se promenait dans une foule où tout le monde était masqué et ne s'en inquiétait pas d'abord, pensant que tous se rendaient à un bal masqué. Peu à peu, elle se rendait compte qu'elle faisait erreur. Dans une fête de ce type, on attendait beaucoup de créativité, il était donc impossible d'y arriver avec un masque semblable à celui de tous les autres or tous étaient identiques. Que faisaient donc ces gens ? Ils erraient et contrairement à ce qu'elle avait cru, ils n'avaient pas pour but d'aller à une fête commune mais de se différencier les uns des autres. En effet, certains avaient autorité à porter un masque et quand ils l'enlèveraient, ils se montreraient tels qu'en eux-mêmes, à savoir des gens comme vous et moi qui avaient juste envie de devenir anonymes avant de retrouver leur vie sage. D'autres au contraire, créeraient le malaise quand ils montreraient leur visage car ils apparaîtraient pour ce qu'ils étaient : des menteurs. Contrairement aux premiers dont la vie était lisse et qui n'avaient rien à cacher, ceux-là avaient des existences tortueuses dont ils s'étaient bien gardé de révéler les zones d'ombre. Pendant que Satsuko errait, un petit groupe de masques la somma de retirer le sien. Elle le fit et fut bien accueillie car il n'y avait aucune malice en elle. A son tour, elle se joignit à un autre groupe et celui-ci arrêta un homme d'apparence juvénile pour lui faire la même demande. Au moment où celui-ci mit les mains sur son masque, pour le retirer, elle se sentit pleine d'appréhension. L'homme avait trop tergiversé pour ne rien avoir à craindre et s'il cédait, c'était sous la pression. Elle était donc face à un de ces menteurs dont on lui avait dit tant de mal et cela aurait suffi à expliquer son indignation si une grande angoisse ne s'était emparée d'elle. Elle devinait en effet que cet homme encore masqué allait révéler quelques turpitudes mais comprenait dans le même temps qu'elle le connaissait. Elle en éprouvait de la peur, craignant que cet être maléfique qui s'était caché d'elle quand ils se côtoyaient ne l'implique d'une manière ou d'une autre dans ses mensonges. Son cœur battait à tout rompre alors que l'homme ôtait son masque et qu'avec stupéfaction elle reconnaissait son mari ! Dans la même atmosphère irréelle qui était celle de son rêve depuis le début, Satsuko participa au questionnement sauvage qui frappa celui qui venait de se découvrir comme maléfique. L'homme semblait aux abois. Il confessait avoir fait beaucoup de tort à ses parents il y a bien longtemps alors qu'il avait toujours affirmé avoir eu avec eux d'excellents rapports. De la même façon qu'il leur avait échappé un temps, il avait menti à ceux qu'ils avaient croisés sur sa route et en tout dernier lieu à celle qui l'avait épousée. C'était ainsi, il ne le niait plus. Se posant comme un apôtre du bien, il était doté d'une nature double et cruelle et au fond, il aimait mentir. S'il avait pu donner le change, c'est qu'il était un illusionniste ! Ses turpitudes étaient multiples.

REVE ET MASQUE

Ayant menti à ses parents et à ses proches des années durant, il avait manipulé ses amis et petites amies et se faisait fort de manœuvrer sa femme. Un jour, il disparaîtrait, leur ayant volé tout ce qu'ils avaient et ayant avant cela détruit toutes leurs illusions...Alors que Satsuko, pétrifiée, entendait le récit des infamies de cet homme qu'elle aimait, elle s'apercevait que ceux qu'elle accompagnait se livrer entre eux à de secrets conciliabules. Comme elle voulait se joindre à eux pour délibérer, elle fut prise de court. En effet les masques s'étaient saisis de couteaux géants et de lances et ils les utilisaient pour s'acharner sur l'homme démasqué, qui, frappé de toutes parts, mouraient sous les coups. Alors que, poussant des hurlements, la jeune femme montrait son désaccord et son désarroi, le cadavre du menteur se transformait en morceaux de papier qui allaient s'envolant et se déplaçaient si vite qu'il était difficile de s'en emparer. La foule de masques y tenaient pourtant car chacun des petits carrés de papier possédait une inscription, toujours la même, écrite à la main d'une belle écriture appliquée

 Ce sont les masques qui sont les menteurs. Qui le retire dit une vérité qu'un autre saura reprendre...