CARTIER JAPON

12. En voyage à Tokyo.

Le voyage fut long mais agréable. L'enfant était tout sourire et quand elle dormait, ils la regardaient tous deux avec amour. Homme du monde, l'oncle vint les chercher à l'aéroport Haneda dans une voiture avec chauffeur. Plusieurs jours étaient prévus à Tokyo afin que le jeune couple puisse se promener et une jeune femme s'occuperait du bébé qui, d'emblée, lui tira force compliments et louanges. Il est vrai qu'âgée d'un an et demi, Kohana était irrésistible...

Au long des quarante Kilomètres qui séparait l'aéroport du quartier chic de Hiroo, Louis eut tout loisir d'observer cet homme soigné, à l'impeccable costume gris et aux cheveux poivre et sel coupés court. Il avait avec Satsuko et ses parents une ressemblance assez forte tant physique que psychologique mais, plus incisif et calculateur, il avait bien cette stature de chef qui faisait de lui le héros de la famille. A côté de lui, les parents de la jeune femme, pourtant avisés, étaient des commerçants à la petite semaine. Par delà ces lieux communs, Louis sentit que derrière le financier et l'homme d'affaires de haut vol, se cachait un être plus complexe aux fortes exigences spirituelles. Il serait difficile de voir paraître cet autre visage mais c'est bien à celui-ci qu'il devrait s'accrocher...

Pour l'heure, ils roulaient le quartier des ambassades et l'oncle fit aimablement remarquer à ce jeune Français déjà si intéressé par le Japon que la France avait sa représentation dans cette zone. Plus loin, existait aussi un centre culturel dont la mission était de présenter à Tokyo le rayonnement français sous forme de conférences, d'expositions mais aussi de rencontres avec des cinéastes ou des écrivains.

 

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Tandis que Satsuko babillait avec sa petite fille, Louis écoutait l'oncle avec déférence tout en admirant la beauté du quartier dans lequel il les conduisait. En effet, celui-ci disposait de belles routes et de jardins privés permettant aux privilégiés qui pouvaient y résider d'y mener une vie des plus protégées. Contrairement aux zones moins huppées de Tokyo, il n'y avait ici ni gratte-ciels ni centres commerciaux aux affiches agressives. Tout y était feutré et élégant et l'immeuble dans lequel il les fit pénétrer ne déparait pas l'ensemble tout enveloppé qu'il était dans un bel écrin de verdure. Au Japon,c'était le printemps et l'invitation de l'oncle ne tombait pas au hasard. Comment ne pas vouloir offrir à cette toute petite fille et à ses parents le spectacle des arbres fruitiers en fleurs et celui de multiples fleurs épanouies ? C'était là un cadeau sans prix !

Louis fut stupéfait que dans ce bel appartement mêlant modernité et traditions, tout fut si huilé. L'oncle avait une domesticité discrète et stylée qui rendait la vie facile. Durant les quelques jours qu'ils passèrent là, il n'y eut aucune anicroche.