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2. Postures, exercices et contrat.

Les jeux avec Anna furent brûlants trois mois durant. Elle semblait très désireuse d’apprendre et je n’eus pas grandes difficultés avec elle, tant pour les lectures que je lui imposais que les exercices qu’elle devait faire chez elle et dont elle devait me rendre compte.

Je ne suis pas partisan de donner à une femme qui se soumet de « grands beaux livres » à lire : qu’en ferait-elle sinon des fiches de lecture ? Là, je plaisante …Mes choix en la matière porte sur des textes courts, très orientés et plus ou moins bien écrits. Il m’importe qu’une soumise connaisse ses devoirs, les châtiments qu’elle encourt si elle désobéit et les gratifications qu’elle recevra…Il importe qu’elle soit légèrement humiliée par ce qu’elle lit car il faudra bien qu’elle passe à l’acte. Par exemple, la liste des postures de soumission est à travailler soigneusement avec l’aide des photos qui les accompagnent ; il est évident qu’à un moment ou à un autre, il lui faudra se présenter nue à son Dominant, tenant ses seins dans ses mains en guise d’offrande ou encore se présenter à lui à quatre pattes et de dos, les jambes écartées, le dos bien cambré. Concernant Anna, j’insistai sur les postures où elle devrait écarter ses fesses avec ses mains pour me faciliter l’entrée de son anus ou encore celle ou debout, jambes écartées, elle avait les mains sur les épaules…

Elle s’entraîna beaucoup, je le sais.

Elle apprit une liste comportements des règles de vie physique et morale, règles sans lesquelles sa soumission n’était rien. Elle devait toujours me vouvoyer, baisser les yeux quand elle me parlait, être docile, tenir propres et prêts ses trois orifices, s’habiller comme je voulais et s’abstenir de porter une culotte.

Je lui fis réciter les différents articles du code que j’avais rédigé pour elle, dans l’ordre et dans le désordre. Je ne pense qu’elle y trouvât plaisir car elle se rendait bien compte que je jouais sur des stéréotypes. Si j’avais de telles facilités à mettre en place un tel contrat, c’est que j’étais rôdé à le faire…Je ne la détrompais pas. Je voulais qu’elle sentît qu’elle n’était pas unique et qu’au contraire, elle s’inscrivait dans une suite. Je le voulais car il était important qu’elle reste à sa place, c'est-à-dire bien dans l’obéissance et dans l’idée qu’elle devait se surpasser puisqu’elle n’était pas irremplaçable. Comprenez-moi : elle avait des qualités indéniables et aucune expérience antérieure…

Quand j’estimai qu’elle en savait assez, je systématisai l’ensemble des articles qu’elle avait mémorisés en un contrat que je lui présentai à signature. Je ne résiste pas au plaisir de vous citer quelques extraits de celui-ci :

Règles de conduite en public

La soumise se conduira toujours de façon à ne pas attirer l'attention envers son Dominant.

La soumise s'adressera à celui-ci par son nom, seulement si l'utilisation d’autres termes est jugé inapproprié. Dans le cas présent, elle dira « Monsieur » dans l’intimité et à l’extérieur, utilisera le prénom de son Dominant.

La soumise s'en remettra à celui-ci en public.

La soumise pourra s'habiller elle-même, mais devra obtenir l'assentiment de tout vêtement devant être porté en public.

R-1. En guise de reconnaissance d'être ainsi maintenue en état de Soumission, la soumise signifiera chaque jour à son Dominant la matérialisation de cette possession. Cela peut se traduire soit par un baiser apposé sur la main de celui qu’elle vénère, soit par une constante attention à ce qu’il soit toujours bien servi ou par tout autre rituel convenu à l'avance.

R-2. Lors des relations sexuelles dans la chambre à coucher, des Punitions ou en dehors de la chambre à coucher et de la résidence et ou selon un rituel convenu à l'avance.

La soumise s'efforcera de ne jamais regarder dans les yeux son Maître.

Les exceptions autorisées par son Dominant devront être perçues par la soumise comme une récompense. La soumise s'imposera donc dans ces circonstances de conserver les yeux baissés sitôt celui-ci en sa présence.

Dans ces situations, cette disposition aura pour effet de lui rappeler, son statut de soumise pour sa vie et de sa volonté d'obéissance totale à son Dominant.

R-3. La soumise ayant toute confiance en son Dominant, la soumise, s'en remet donc intégralement à lui et en son jugement. Dans le cas d'incompréhension d'une intention, la soumise acceptera sans rechigner ni tergiverser de se prêter aux exigences de celui qui la domine. Puisque la soumise à confiance en son Guide, ce qu'il entreprend ne peut l'être que pour le bien de la soumise et son plaisir personnel.

 

Voilà qui est bien court, me direz-vous et vous aurez raison. Mais à quoi égrener ici une liste d'obligations, de récompenses et de punitions avant même de savoir comment a évolué ma relation avec cette femme ? Si vous êtes adroit, vous devinerez par vous-mêmes le chemin que je faisais prendre à celle qui n'était encore qu'Anna. En fin de récit, je vous livrerai un texte plus complet mais pour l'instant, cette amorce suffit. Tout y était récapitulé : la vie en dehors de moi et sous mon regard, la manière de se vêtir, la manière de manger et même celle de penser. En outre, la sexualité à adopter était clairement indiquée. Toute autre pratique que celles indiquaient dans les articles du contrat fourni entraîneraient l'annulation immédiate de celui-ci et le renvoi d'Anna. De ce côté-là, je serais inflexible. Aussi s'il lui prit l'envie de sourire en début de lecture, elle se reprit vite. Il lui serait impossible de ne plus être sous mon regard, elle le sentait. Une dépossession commençait. Elle allait bien au delà des jeux sexuels que j'avais déjà initiés...

Nous étions sur son lieu de dressage et le jour descendait quand elle signa. Elle m’avait au préalable demandé si elle devrait mémoriser tout cela. Je lui signifiai qu’elle devait pour l’instant à de scrupuleuses relectures. Elle ne parut pas désireuse de me poser d’autres questions.

Je pris le contrat et à mon tour, le signai. Il ne restait qu’à mettre le tout en application…