LATEX

Vous allez sourire : quand on se voyait dans le studio prêté par cet homme qui avait les mêmes goûts que moi, elle s’était déjà livrée à de jolies gâteries sans que j’en aie souligné la qualité. C’est vrai mais là, c’était différent. Comme exaltée par les deux périodes contradictoires que je lui avais fait vivre, elle suça autrement mieux. Sa langue tantôt douce, tantôt râpeuse s’attarda sur mon gland pour aller flatter mes testicules avant de revenir à ses premières amours. Elle salivait, elle m’humidifiait. Jamais, elle ne se relâchait. La laissant faire, je songeais à deux passages d’Histoire d’O. Dans le premier, O, tout juste arrivée dans la première maison de dressage où son amant l’a fait admettre, retrouve celui-ci. Elle l’honore de la bouche dans une pièce où se côtoient les Dominants, ces soumises aux merveilleuses tenues coulissantes et ces valets qui ne portent pas des pantalons mais des jambières laissant libres leurs attributs. On se gausse autour d’elle ou on s’empresse de signaler le fait, je ne sais. Toujours est-il qu’O se trouve vite encadrée par deux soumises porteuses de candélabres et qu’elle est vue de tous, suçant son amant qui s’est appuyé contre un mur. Les cris de celui-ci ainsi que la posture d’O font parler et sourire. L’amant a joui. On emporte O qu’une sorte de pamoison tient agenouillée…C’est le premier parallèle.

En effet, quand j’eus joui dans sa bouche, je dus le faire avec tant de force que Nuit en demeura comme étourdie. Repliée sur elle-même, elle resta en silence quelques temps, dessinant un espace mental de l’abnégation et du couronnement…

L’autre passage qui me vient à l’esprit est celui où Sir Stephen, s’étant décidé à abandonner O dans le bordel de Roissy, remplit la fiche qui permettra aux clients du lieu de choisir la jeune fille d’après son physique et les prestations qu’elle peut offrir. Il écrit : « O : très bien dressée de la bouche ».

Il ajoute : « à fouetter »…

Mais là, c’est pour moi…

Je reviens à ce jour où Nuit rencontra ses premiers apprentissages. Je la raccompagnai dans sa chambre comme elle y était venue : à quatre pattes et en laisse. La différence était qu’elle était heureuse.

Les jours suivants, elle porta en elle des objets plus gros. Ce fut une nouvelle étape. Debout, Nuit devait contracter le plus possible les parties de son corps qui demandaient à l’être pour ne pas laisser sortir d’elle des objets sexuels dont la taille devenait agressive. Elle faisait de son mieux.

Allongée, elle constatait que le vide et le plein se complètent à merveille. Tout ce qui était vide et donc creux en elle devenait réceptacles de simulacres longs et imposants. J’enfonçai encore et encore. Elle devait obéir. D’abord gênée, je la voyais accepter d’être ainsi remplie. J’empiétai sur elle. Je la possédais un peu plus à chaque fois.

Inévitablement, revenait le choix entre les trois vidéos. Elle en choisissait une et suivait à la lettre ce qu’elle avait vu. Quand je l’autorisai à innover, elle fut créative.

Je jouissais beaucoup.

Elle, pas encore.