ART NUMERIQUE

Après un divorce difficile, Line vivant seule à Nantes, part en Avignon.

Line s’épanche : Ce divorce est un grand déchirement. Il a fallu supporter les disputes intenses et violentes, les accusations et les écarts de conduite d’une enfant qui « subit » et cela, encore et encore. Elle a à s’inquiéter des appels du lycée où Marianne devrait être, de ses allées et venues incompréhensibles et de coups de fil étranges.  Des garçons qui la connaissent bien viennent aux nouvelles car ils ne peuvent la joindre sur son portable.

L’apaisement vient  car le départ de Marianne est organisé. La ville du Festival, les courbes du Palais des Papes et l’odeur de la lavande. Clichés bienfaisants. Elle sera bien et se remettra aux études. Line et Claire y croient. Les deux sœurs.

La vérité – que Line tient secrète-  est autre. Au-delà des premiers moments, qui sont nostalgiques : produits de maquillage que sa fille a laissés sur un canapé et cheveux blonds, comme de longs fils dorés, accrochés à un coussin ; vêtements en vrac dans sa chambre et ses CD, DVD, rangés ou empilés un peu partout, le tout  bien rassurant, il y a bien autre chose.

Des préservatifs dans un tiroir, un carnet d’adresses et des coups de fils insistants sur son fixe : Des « garçons » qui insistent pour savoir où elle est maintenant et se targuent, si on les en presse,  de donner des détails intimes sur une jeune fille d’eux si bien connus. Le tout recoupant des absences mystérieuses de la jeune fille, des expressions tristes et heurtées de son beau visage, des engouements soudains et fou-rires incompréhensibles.