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Sur la photo, ce n’est pas elle, elle le sait bien. C’est une projection, la réalisation d’un fantasme. Elle est un mannequin choisie par un grand photographe. Le lieu : la chambre d’un grand hôtel, décor fastueux même si rien n’est montré. La ville : Nice ou Cannes parce que rien n’y est anodin pour un historien et à plus forte raison un amateur d’art doublé d’un esthète. L’ambiance : un peu froide au début car le photographe est mécontent qu’un modèle adulée de lui, se soit désistée et qu’il doive se contenter d’elle, cette Sylvia Hemmes dont il ne souhaite rien savoir. Du reste, que veut- savoir d’une femme que l’on n’a pas choisie ? Une femme qui doit poser, à supposer qu’elle ait compris ce qu’elle doit faire, son statut de mannequin ne la rendant pas pour autant perméable à ses désirs. Geneviève Dormes sait tout cela d’instinct et tout en elle brille et se tend : le buste se dresse, les seins jaillissent, le sourire oublie les demi-teintes. La voilette qui fait diversion et évite la focalisation sur les seins, concentre l’attention sur la beauté du visage et l’émerveillement du regard mais manque son but ; car le fait est, les seins emportent l’adhésion tant par leur forme que par leur consistance.