SYNDROME

Sofia. C’est un prénom qu’elle n’aime pas trop car il n’est pas assez français. Elle habite Marseille depuis longtemps et regrette Aubagne où, petite fille, elle a vécu. Sa mère était italienne, d’où ce prénom méditerranéen. Prénom glorieux évoquant une fastueuse actrice. Prénom trop lourd. Victor ne s’habitue ni à la perte de sa femme, trop vite morte, ni à l’irrésistible beauté de sa fille adolescente. Heureusement, il n’a qu’elle, sinon, comment ferait-il ?

Quand elle est toute jeune, Sofia tourne autour de Monica, la jeune mère solaire dont maintenant qu’elle a cessé d’être bébé, elle garde la nostalgie du lait et du sein. Au fond d’elle-même, elle sait l’amour de la mère dont tout en elle parle : le beau visage aux cheveux difficilement ramassés en arrière, les yeux bruns sérieux et doux, les belles lèvres naturellement rosées et l’encolure. Les seins, les seins doux de la mère : opulents, renflés, majestueux dans leurs formes comme dans leur appréhension...