INDIFFRENCE SOFIA

Pourtant, ils déménagent et d’emblée, la petite fille déteste Marseille nord. Tout y est compliqué au point que l’envie de grandir vous passe. On voudrait d’ailleurs que le temps s’arrête mais non, il suit son cours. Alors, un jour, forcément, on apprend de la bouche de son géniteur, quadragénaire étonnamment seul ou bien menteur, qu’on a quinze ans et la beauté du diable !

Quinze ans, ça, elle le sait bien ; mais cette beauté-là ? Qu’est- ce qu’elle peut en savoir ?

Le Diable ?

Elle ne tient pas vraiment à savoir qui il est même si elle ne croit pas en Dieu. Non, le diable ne l’arrange pas. Monica croyait en Dieu, elle, et priait la Sainte Vierge. Elle aurait lui expliquer tant de choses ! Seulement, elle est morte.

Ici, tout est mal.

Tout. Le rejet que Victor semble avoir d’elle en dépit des services qu’elle lui rend : carrelage à nettoyer, lits à faire, fenêtres à ouvrir et courses à ne pas oublier… Appartement modeste dans un immeuble bondé. Lieu de vie simple qu’elle rend rutilant.

Tout. Le petit corps enfantin qui se transforme : le sang, les petits seins, la taille, l’harmonie d’une beauté adolescente.