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Après de longues hésitations, Pauline accepte d'attendre un enfant. Sensations et pensées multiples

Longtemps interdite devant les arguments de son amant, Pauline comprend que si en elle le mental est resté sur ses gardes, le corps, lui, dans sa matérialité, a accepté l’intrusion de la vie. Les premières semaines de sa grossesse, elle sourit beaucoup, rit même aux éclats et ceci, avant même d’avoir vu un gynécologue et quand elle rencontre l’un d’entre eux, elle fait preuve d’une totale assurance alors que, souvent, face à une première échographie, futurs pères et mères sont fragiles. Non, elle sait. Pas besoin de river son regard sur un écran et de guetter, au centre d’une nébuleuse grisée, les tressautements de ce petit point mystérieux qui est déjà un enfant. Il est là, il va rester, il sera magnifique et cela suffit. Quand le médecin demande à l’un et à l’autre s’ils veulent savoir le sexe du bébé, ils refusent. Lui, car il a toujours cru qu’un corps de femme peut féconder et que le don est déjà extraordinaire ; elle, car elle ne veut rien influencer.

Les mois qui passent. Le ventre qui s’amplifie. Les seins qui deviennent pesants et lourds, comme tendus sans jamais trouver d’apaisement.

Le visage de François, entre nonchalance et intérêt, son regard tout de même grave posé sur elle et ses paroles apaisantes, comme un baume aux herbes sauvages, une potion de lys et de roses aux vertus salvatrices. Du moins, si elle prend le parti du rêve et de la liberté : ce qu’elle fait !

Elle, toujours contente malgré les bouleversements, se souvenant de ce qu’en italien ou espagnol, on sait, de son « état ».

Bientôt, les sensations concrètes d’une vie dans son ventre et bientôt le sentiment que ses seins ont un rôle prépondérant car nourricier. Ah non, plus une histoire de sexe du tout ! Une sécurité à établir puisqu’au dehors de cette cachette ou « il est », le bébé à venir et quel que soit son sexe, devra trouver asile, le premier devoir étant de le nourrir. Douce, douce perspective. Au sortir de cette apesanteur dont l’image plus que le souvenir laisse une empreinte dans chaque être, il y a, une fois le cordon coupé, les seins, comme havre naturel. De cela, Pauline est sûre…